IMPOSTURE 5 / Michel Onfray

  • Anthony Le Cazals

Michel Onfray n'est ni un nietzschéen, ni un épicurien (les deux d'ailleurs s'excluant), mais un socratique (c'est ainsi qu'il termine sa contre-histoire de la philosophie). C'est cependant un philosophe universitaire et médiatique. Il y a là un deveni-platonicien. C'est un voluptueux inquiet, qui verra dans Lucrèce une philosophie de la mort et de la nature (alors qu'elles en sont absentes, c'est le paradoxe). C'est aussi un anti-Marcel Conche dans le parcours doctrinal. Non pas qu'on ne décède pas, mais que la subjectivité n'a pas d'importance. il a une tendance à mettre sa bibliothèque entre lui et le monde, ce n'est pas exactement un crible, mais le prétexte à un droit d'inventaire (et là la chose est fatale). Avant son double AVC de 2004, il avait une phrase tout succès repose sur un malentendu, sur le fit qu'on ne vous a pas lu. A présent il veut être le philosophe le plus lu d'où, sans doute, sa rivalité avec Sartre. Il croit comme Beauvoir censurée en la spiritualité (et va se recueillir dans les églises). Et comme graphomane possède un crâne humain sur sa bibliothèque à une époque caché derrière une lettre de fan (depuis le documentaire a disparu de la circulation). Sa méthode du prélèvement, qu'il refuse en son endroit, le rend insaisissable, car on pourrait croire qu'il est pour l'abolition du captilisme et du salariat (à lire son Camus). Il est somme toute assez proche de Proudhon tel qu'il le dénonce p. 317 de son Camus. Prof dans un lycée il avait un côté touchant, stimulant parce que décérébré, inculte en morale, pas encore sensualiste (idéaliste), pas encore à dénoncer "l'arrière monde" des jugements de valeurs qu'il n'arrête pas de produire, lui qui assume la morale gaullienne de son père. Il est très chrétien puisqu'il parle encore de corps, de saint (aux yeux de ses parents), de Bien et de Mal et, libéral puisqu'il encourage les plus libéraux de la révolution, les girondins, et la guillotine par le couteau, Corday. Tout ceci est déjà trop long. J'aimerais me tromper face à son devenir platonicien, à cette rigidité des principes ("psychorigide" comme il dit), qui somme toute est un effet de mode, lié aux institutions qui enseignent (la nécessité des longs discours, de la communication, de l'assise). Bref mieux vaux être chancelant dans l'expérimentation. Le motif du "milieu de la vie" ou du "saisissement par la mort", bref la résignation, n'a pas à être accusé, ce n'est qu'un motif, non un fautif.

Le problème c'est la récupération, quand on manque d'humour : http://www.youtube.com/watch?v=B7IDsIW2ae8. Ne pas anticiper cela c'est ne pas avoir le soin dans le choix de ses mots. http://www.youtube.com/watch?v=_sfArq3HNak. Des propos maladroits ? Donc certains journaux ont raison quand ils disent que Michel Onfray fait le jeu de l'extrême-droite.

Sur son gaullisme (entre autres) http://youtu.be/mv2xAxUbbSI?t=7m30s

Sur "épicurisme" (ce qu'il n'est pas) chrétien : il faut savoir que dès 2000 à la téléviion suisse il s'est désigné comme le Paraclet (figure chrétienne du consolateur). Mais je dois reconnaître que c'est l'hôpital qui se fout de la charité (quant à moi). Puisque qui pose les conséquences (non les conclusions) de Nietzsche, devient la suite de l'Antéchrist...

Une méthode paradoxale du prélèvement : "On prélève ce qui nous intéresse et ce qui ne nous intéresse pas on le laisse de côté" exemple de phrase à double tranchant ou de phrase de l'arroseur arrosé. http://youtu.be/TmLiAw7iMZo?t=12m1s. En fait je découvre cette dimension arrangeante du prélèvement propre à la subjectivité.

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