PENSEE / Judith Butler et la « théorie du genre »

Voici l'un des derniers articles de cette année. N'hésitez pas à le commenter, quoique susciter de la pensée réactive ne soit pas le propre de ce site. En espérant qu'il vous plaira ou plutôt qu'il vous metastabilisera (le mot inconvenu devant être destabiliera). Paris8philo

Il est intéressant que ce soient de grands dialecticiens (Onfray par exemple) qui s'en prennent par raccourci à l'enseignement de la dite « théorie du genre » alors que toute leur pensée dialectique repose précisément sur l'existence de genres tels que Platon les a cédé à la culture. Il nous est d'autant plus facile d'en parler que sortant du paradigme pour poser le neutre *, nous nous en tenons à distance. Pour résumer, l'étude de genre est une analyse critique mais réflexive de la représentation. Si précisément les tenants du genre qui sont les critiques de l'étude de genre, qui en est la critique". Toute critique de la critique se résume ad hitlerum à être une pensée libérale, ce que Geoffroy de Lagasnerie * résumerait comme une non-pensée et non pas un impensé (ou point aveugle de la première). La non-pensée de droite (ou pour caricaturer de notre cerveau gauche) étant une réflexion pragmatique selon le prétendu principe de réalité.
Plus qu'un abus de langage l'expression « théorie du genre » est un contre-sens parce que incomplète.

 


Si les marxistes et à leur suite les bolcheviques voulaient en finir avec l'art comme avec la littérature, c'est précisément à cause de cette reconduite de la séparation que l'on nomme spectacle, c'est même l'une des définition subjective de l'artiste : "Regardez, je suis capable de faire ce que vous ne savez pas faire". C'est là le ressort de l'artiste, sa performativité non verbale que l'on nomme performance. La performativité se révèle vite insuffisante en tant que notion pour rendre compte de cela, du locutoire, de l'illocutoire et du perlocutoire. Mais la congruence sous cette notion restera, sa "signifiance", ce que l'on peut y accoler comme sens diverses et variés.
 

Judith Butler, la performativité de genre

La philosophe féministe Judith Butler aborde la construction du genre, de l’identité sexuelle des individus et pour cela elle s'appuie sur Searle, qui posait lui-même à partir d'Austin la persfomativité des institutions civiles, religieuses et sociales. Dans Gender Trouble, paru en 1990 et traduit sous le titre Trouble dans le genre, Judith Butler approfondit la notion de performativité. Butler adopte une position extrême en affirmant que l’identité sexuelle est une construction performative. Butler soutient que, au-delà des différences biologiques naturelles, l’identité du genre (femme ou homme) est une construction sociale, qui se fait par la performativité, dans un but de reconnaissance sociale. Elle s’appuie sur l’exemple des drag queens pour son argumentation. Elle affirme que, si des drag queens jouent à être d’un sexe qui n’est pas le leur biologiquement, cela signifie aussi bien les personnes qui sont d’un sexe « naturel » en performent aussi le genre, sans le savoir. C’est une théorie radicale, qui, à partir d’un cas apparemment marginal, éclaire la norme pour mettre en évidence une pratique inconsciente.

La performativité de Butler va au-delà du langage : elle inclut non seulement la façon de parler, mais aussi les comportements, les attitudes et les gestes par lesquels l’individu performe un genre, féminin ou masculin, et se conforme au modèle « femme » ou « homme » construit par la société. Ces modèles apparaissent dès le plus jeune âge : le « jeu » est créé par l’éducation, les contraintes, l’identification. Je deviens « garçon » (indépendamment de mon sexe biologique) dès lors que je me comporte comme un garçon, que je joue à être un garçon : je me bagarre, je deviens une terreur, un dur, je joue au camion, j’évite le rose. Toute sa vie, le garçon ne fait que répéter des gestes, des postures, des mots, qui sont ceux du genre garçon. Selon cette théorie des rôles, c’est la performance, c’est-à-dire le fait de « jouer » au garçon, et l’itération, soit la répétition constante au point qu’elle devient inconsciente et spontanée, qui fait qu’on est garçon.

Butler exprime ses idées en s’appuyant sur les notions de performativité venues d’Austin et de Searle. Dans le cas de la séance ouverte, il n’y a pas d’être, c’est le locuteur, qui fait être ; la séance n’est pas quelque chose qui est, mais qui le devient lorsque le locuteur le dit. Butler généralise cette idée en affirmant qu’il en est de même pour le genre : pour elle, il n’y a donc pas d’homme ni de femme, mais des performances féminines, masculines, transgenres.

L’identité ne serait-elle alors qu’un jeu de rôles théâtral ? Pour Judith Butler, performer n’est pas seulement « jouer à ». Quand on performe un rôle, on devient ce que ce rôle sous-tend ; cela affecte notre être, notre réalité, au double sens du terme perform en anglais, qui veut à la fois dire « jouer, faire une représentation » sur scène et « accomplir ». Cela signifie qu’il ne suffit pas de se déguiser en garçon pour être garçon : il faut produire complètement l’identité sociale garçon et véritablement y adhérer dans la durée. 


Si les marxistes et à leur suite les bolcheviques voulaient en finir avec l'art comme avec la littérature, c'est précisément à cause de cette reconduite de la séparation que l'on nomme spectacle, c'est même l'une des définition subjective de l'artiste : "Regardez, je suis capable de faire ce que vous ne savez pas faire". C'est là le ressort de l'artiste, sa performativité non verbale que l'on nomme performance. La performativité se révèle vite insuffisante en tant que notion pour rendre compte de cela, du locutoire, de l'illocutoire et du perlocutoire. Mais la congruence sous cette notion restera, sa "signifiance", ce que l'on peut y accoler comme sens diverses et variés.
 

Judith Butler, la performativité de genre

La philosophe féministe Judith Butler aborde la construction du genre, de l’identité sexuelle des individus et pour cela elle s'appuie sur Searle, qui posait lui-même à partir d'Austin la persfomativité des institutions civiles, religieuses et sociales. Dans Gender Trouble, paru en 1990 et traduit sous le titre Trouble dans le genre, Judith Butler approfondit la notion de performativité. Butler adopte une position extrême en affirmant que l’identité sexuelle est une construction performative. Butler soutient que, au-delà des différences biologiques naturelles, l’identité du genre (femme ou homme) est une construction sociale, qui se fait par la performativité, dans un but de reconnaissance sociale. Elle s’appuie sur l’exemple des drag queens pour son argumentation. Elle affirme que, si des drag queens jouent à être d’un sexe qui n’est pas le leur biologiquement, cela signifie aussi bien les personnes qui sont d’un sexe « naturel » en performent aussi le genre, sans le savoir. C’est une théorie radicale, qui, à partir d’un cas apparemment marginal, éclaire la norme pour mettre en évidence une pratique inconsciente.

La performativité de Butler va au-delà du langage : elle inclut non seulement la façon de parler, mais aussi les comportements, les attitudes et les gestes par lesquels l’individu performe un genre, féminin ou masculin, et se conforme au modèle « femme » ou « homme » construit par la société. Ces modèles apparaissent dès le plus jeune âge : le « jeu » est créé par l’éducation, les contraintes, l’identification. Je deviens « garçon » (indépendamment de mon sexe biologique) dès lors que je me comporte comme un garçon, que je joue à être un garçon : je me bagarre, je deviens une terreur, un dur, je joue au camion, j’évite le rose. Toute sa vie, le garçon ne fait que répéter des gestes, des postures, des mots, qui sont ceux du genre garçon. Selon cette théorie des rôles, c’est la performance, c’est-à-dire le fait de « jouer » au garçon, et l’itération, soit la répétition constante au point qu’elle devient inconsciente et spontanée, qui fait qu’on est garçon.

Butler exprime ses idées en s’appuyant sur les notions de performativité venues d’Austin et de Searle. Dans le cas de la séance ouverte, il n’y a pas d’être, c’est le locuteur, qui fait être ; la séance n’est pas quelque chose qui est, mais qui le devient lorsque le locuteur le dit. Butler généralise cette idée en affirmant qu’il en est de même pour le genre : pour elle, il n’y a donc pas d’homme ni de femme, mais des performances féminines, masculines, transgenres.

L’identité ne serait-elle alors qu’un jeu de rôles théâtral ? Pour Judith Butler, performer n’est pas seulement « jouer à ». Quand on performe un rôle, on devient ce que ce rôle sous-tend ; cela affecte notre être, notre réalité, au double sens du terme perform en anglais, qui veut à la fois dire « jouer, faire une représentation » sur scène et « accomplir ». Cela signifie qu’il ne suffit pas de se déguiser en garçon pour être garçon : il faut produire complètement l’identité sociale garçon et véritablement y adhérer dans la durée. 

Nous allons développer par la suite. L'étude de genre est une critique de la représentation comme performance sociale renvoyant à la séparation des sexes. Si les marxistes et à leur suite les bolcheviques voulaient en finir avec l'art comme avec la littérature, c'est précisément à cause de cette reconduite de la séparation que l'on nomme spectacle, c'est au passage l'une des définitions subjectives de l'artiste : "Regardez, je suis capable de faire ce que vous ne savez pas faire". C'est là le ressort de l'artiste, sa performativité non verbale que l'on nomme performance. La performativité se révèle vite insuffisante en tant que notion pour rendre compte de cela, du locutoire, de l'illocutoire et du perlocutoire. Mais la congruence sous cette notion restera, sa "signifiance", ce que l'on peut y accoler comme sens diverses et variés. Continuons en insérant ici, pour mémo, un article wikipédia qui faudrait nommer. 

 

Judith butler et la théorie de la performativité de genre

La philosophe féministe Judith Butler aborde la construction du genre, de l’identité sexuelle des individus et pour cela elle s'appuie sur Searle, qui posait lui-même à partir d'Austin la persfomativité des institutions civiles, religieuses et sociales. Dans Gender Trouble, paru en 1990 et traduit sous le titre Trouble dans le genre, Judith Butler approfondit la notion de performativité. Butler adopte une position extrême en affirmant que l’identité sexuelle est une construction performativeButler soutient que, au-delà des différences biologiques naturelles, l’identité du genre (femme ou homme) est une construction sociale, qui se fait par la performativité, dans un but de reconnaissance sociale. Elle s’appuie sur l’exemple des drag queens pour son argumentation. Elle affirme que, si des drag queens jouent à être d’un sexe qui n’est pas le leur biologiquement, cela signifie aussi bien les personnes qui sont d’un sexe « naturel » en performent aussi le genre, sans le savoir. C’est une théorie radicale, qui, à partir d’un cas apparemment marginal, éclaire la norme pour mettre en évidence une pratique inconsciente.

La performativité de Butler va au-delà du langage : elle inclut non seulement la façon de parler, mais aussi les comportements, les attitudes et les gestes par lesquels l’individu performe un genre, féminin ou masculin, et se conforme au modèle « femme » ou « homme » construit par la société. Ces modèles apparaissent dès le plus jeune âge : le « jeu » est créé par l’éducation, les contraintes, l’identification. Je deviens « garçon » (indépendamment de mon sexe biologique) dès lors que je me comporte comme un garçon, que je joue à être un garçon : je me bagarre, je deviens une terreur, un dur, je joue au camion, j’évite le rose. Toute sa vie, le garçon ne fait que répéter des gestes, des postures, des mots, qui sont ceux du genre garçon. Selon cette théorie des rôles, c’est la performance, c’est-à-dire le fait de « jouer » au garçon, et l’itération, soit la répétition constante au point qu’elle devient inconsciente et spontanée, qui fait qu’on est garçon.

Butler exprime ses idées en s’appuyant sur les notions de performativité venues d’Austin et de Searle. Dans le cas de la séance ouverte, il n’y a pas d’être, c’est le locuteur, qui fait être ; la séance n’est pas quelque chose qui est, mais qui le devient lorsque le locuteur le dit. Butler généralise cette idée en affirmant qu’il en est de même pour le genre : pour elle, il n’y a donc pas d’homme ni de femme, mais des performances féminines, masculines, transgenres. L’identité ne serait-elle alors qu’un jeu de rôles théâtral ? Pour Judith Butler, performer n’est pas seulement « jouer à ». Quand on performe un rôle, on devient ce que ce rôle sous-tend ; cela affecte notre être, notre réalité, au double sens du terme perform en anglais, qui veut à la fois dire « jouer, faire une représentation » sur scène et « accomplir ». Cela signifie qu’il ne suffit pas de se déguiser en garçon pour être garçon : il faut produire complètement l’identité sociale garçon et véritablement y adhérer dans la durée. 

PENSEE / Judith Butler et la « théorie du genre »

Quitte à me faire l'avocat du diable (mais échappant par là même à toute théorie du complot * qui n'est qu'un intentionalisme s'étendant à travers le biais de confirmation), je tenais juste à préciser qu'ayant offert du boîte à musique à la fille d'une amie qui devait avoir deux ans à l'époque, l'intérieur du coffret, qui contenait une danseuse faisant une première arabesque, était tout rose. Celle-ci était émerveillée dès que l'on ouvrait le coffret. Peut-être cela marche-t-il chez les petites filles dès que la couleur est "pastel".

Tout ceci nous permet en fait qu'un exemple qui nous permet d'évoquer la congruence des faits, c'est-à-dire la manière dont naît une mode ou une expression, par l'association d'une particularité et de son caratère innovant ou remarquable : cette sorte de buzz ou scandale qui en fera naître son inscription sociale. Mais c'est la réunion de plusieurs traits aggloémérés, agglutinés, associés dans l'écheveau de la réalité, une succession de circonstances qui, dégagées par la reconnaissance sociale (interprétation), deviennent un fait de culture. C'est Pourquoi Judith Butler peut se permettre de « défaire le genre », id est, d'en détricoter les traits, les caractères. Tout ceci permet d'évoquer la manière dont la culture des opinions, si elle possède un effet tranchant qui nous est utile à l'action (trait pragmatique), est aussi porteuse de préjugés et parfois de retour de flamme quand elle n'a cure de l'origine des expression de son propre langage. Nous aurons certainement l'occasion de revenir sur le hors langage que permet la pensée de Blanchot. Ce dernier nous permettrait de défininir par un paradoxe, l'étude de genre comme étant plus largement une Critique, au sens classique, des convenances sociales, une critique (un aiguillon) de l'inconvenance des convenances sociales ** ou plus exactement que la normativité sociale, à défaut d'être construite (nous nous écartons de Butler telle que sa théorie est présentée), naît de la congruence des faits scopiques lesquels sont reconstruits en différents conformismes, qui tiennent 
« tous » de l'esprit de clocher et du qu'en dira-t-on, si l'on devait pousser le trait

* NB : Les liens en rouge auront l'occasion d'être rajoutés plus tard, bref d'être effectifs.

** Il pourrait y avoir de l'ambiguité, par là, mais il s'agit surtout de s'en détacher pour innover sans aucune perversion de genre où tout voudrait tout, vers quelque chose de plus bienveillant, "naturel", nous semble-t-il. Histoire de désamorcer.

Anthony Le Cazals 01/01/2016 03:02

Votre pensée organique dépassée se résume aisément en ceci : "toute réalité se présente d’abord comme une totalité pleine et chaotique que la pensée ne peut saisir qu’en y faisant apparaitre des formes organisées." Vous pensez la totalité, toujours, en vue de votre téléologie du dernier homme. Dis grossièrement : ça pue le renfermé et c'est déjà dépassé. Bref vous n'avez pas saisi la révolution qui est parue en novembre 1969, un mois avant l'ouverture de Vincennes. Lisez Latour sur Lovelock, le parcours et différents mais les fin d'étapes sont les mêmes. Vous ne pouvez penser mai 68 parce que vous êtes incapable de penser les nuées (un indice elles apparaissent toujours quand il y a un prédateur, de Gaulle l'appelle le fédérateur).

LEMOINE 01/01/2016 08:40

Je ne sais pas en quoi ma pensée est « organique ». Je suppose que vous me citez quand nous écrivez « toute réalité se présente d’abord comme une totalité pleine et chaotique que la pensée ne peut saisir qu’en y faisant apparaitre des formes organisées ».

Mais vous avez pu voir que je continue en écrivant : « Ce premier mouvement se fait par l’application adéquate de déterminations abstraites adaptées à l’objet d’étude et organisées le plus souvent inconsciemment selon un « mode de pensée ». On se représente le réel, ou y voit, des parties, des agencements, des objets distincts et plus ou moins ordonnés. L’examen critique de ces premiers moments doit se poursuivre jusqu’à ce que l’objet de l’étude apparaisse comme une totalité construite, jusqu’à ce que ce qui était pure description phénoménologique devienne analyse. Ce premier travail, ce moment essentiel, conduit nécessairement à une révision ou à un remplacement des concepts premiers. Les concepts forgés ou enrichis auxquels l’étude a permis d’aboutir forment un cadre cohérent qui permet de construire une représentation abstraite de l’objet étudié, un modèle qui justifiera les catégories explicatives auxquelles le travail a abouti. Ce second moment de l’étude peut être appelé théorique. A partir des catégories explicatives que la construction théorique a dégagées s’amorce alors un retour à la totalité concrète objet de l’étude et à son examen approfondi jusqu’à en faire une réalité connue qui apparait alors, généralement, non plus comme donnée, mais comme en mouvement. Elle a une histoire dont la logique apparait au-delà des contingences. Elle a un devenir car elle est généralement travaillée de tensions que l’étude a su mettre en évidence. Le mouvement de la pensée épouse alors le mouvement de son objet et le saisit pleinement ».

Il n’y a d’ailleurs là-dedans rien d’original puisqu’il s’agit d’une reprise et d’un résumé du mouvement de la pensée tel que l’analyse Marx dans les Grundisse. La première phrase ne résume rien. Elle indique le point de départ obligé de toute pensée (obligé parce qu’on ne peut penser sans mots donc sans user d’une pensée déjà constituée qu’il faudra dépasser pour progresser et se rapprocher de l’objet pensé).

Je ne sais pas ce que mai 68 vient faire ici. Ce que je peux vous dire c’est que j’ai un avantage sur vous : c’est que j’ai vécu mai 68 et que je vois la distance, le gouffre, qu’il y a entre le mythe et la réalité. Il n’y a pas d’ailleurs un « mai 68 » mais une conjonction de mouvements différents à la fois par leurs objectifs et leur base de classe. Qui parle de « mai 68 » ne parle de rien de réel mais participe au mythe.

Ce que je vous suggère, c’est de revoir votre article et de le corriger à la fois sur son préambule mais aussi sur ce qu’il dit des idées de J. Butler. Vous pourrez alors supprimer les commentaires.

Anthony Le Cazals 01/01/2016 02:50

Me dédouanant, je cite Jean-Michel Palmier : « on refuse l’art passé comme bourgeois ou on tourne en dérision tout ce qui est « moderne » comme résultant de l’influence pernicieuse du capitalisme. De Jdanov à Khrouchtchev, une anthologie des prises de position des représentants les plus éminents du parti communiste a de quoi effrayer. » histoire de l’art et marxisme
Jean-Michel Palmier à propos de Nicos Hadjinicolaou : Histoire de l’art et marxisme, Maspéro, 220 p. 30 F. Article paru dans Politique Hebdo du 1er novembre 1973. article ublié en 2008


Marx et Engels n'ont pas penser l'art contrairement à Debor à travers ses flims non-cinmatographiques : « La concentration exclusive du talent artistique dans quelques individus, et son étouffement dans les grandes masses, qui en découle, est un effet de la division du travail. Si même, dans certaines conditions sociales, chacun pouvait devenir un peintre excellent, cela n’empêcherait pas chacun d’être un peintre original, de sorte qu’ici également la différence entre le travail « humain » et le travail « unique » se ramène à une absurdité. Avec une organisation communiste de la société prennent fin en tous les cas l’assujettissement de l’artiste à l’étroitesse locale et nationale, qui provient uniquement de la division du travail, et l’assujettissement de l’individu à tel art déterminé qui en fait exclusivement un peintre, un sculpteur, etc. ; ces noms seuls expriment déjà l’étroitesse de son développement professionnel et sa dépendance de la division du travail. Dans une société communiste, il n’y a pas des peintres, mais tout au plus des hommes qui, entre autres, font de la peinture. » (Marx/Engels in Eluard, B , p.57).

LEMOINE 31/12/2015 19:17

Je vous conseille de lire Marx pour de bon et de laisser Deleuze à ses approximations. Pour la lecture de J. Butler, je vous conseille ceci : http://lemoine001.com/2014/06/01/rsds-6-loffensive-de-la-theorie-du-genre/
Pour la littérature et le communisme, renseignez-vous sur les classiques du peuple pour la France et plus généralement sur la diffusion et la promotion de la culture par le PCF à son apogée.

Anthony Le Cazals 01/01/2016 02:50

Allons-y tout go. Je tiens d'abord à vous préciser que je m'adresse à vous avec le plus grand respect. Mais vous cherchez à me faire tomber dans votre pensée réactionnaire. "je réagis tout de suite." (1) dites vous en concédant que cela puisse être un défaut.
Je tiens aussi à préciser que je ne lirai pas votre article sur Butler car il par plus de vous, entendez des limites de votre entendement. Vous êtes capable de dire que Lordon emploie une pensée ancienne comme référent et de citer sans sourciller :
Je me moque bien de vos conseils, vu que vous êtes capables de prendre à la lettre les raccourcis de Garnier, comme si Pompidou avait compris quelque chose à la situation en mai 68 (bientôt on va croire que ce sont les banquiers qui ont fomenté Mai 68 pour déstabiliser le PCF) et qu'il n'en avait touché mot à de Gaulle.
Votre pensée est dépassée, il s'agit d'une pensée organique qui pose de ce fait les "aléas de l'évolution" précisément parce que vous lui donné un idéal
Cela pue de partout : "L’humanité a développé le sens moral et la civilisation." (2) "L’unité du genre humain ne peut se constater dans aucun musée, elle se fait et appelle à être parachevée." (2). Ce n'est qu'une position téléologique quelque peut dépassée.
Je préfère relire la Bible que de relire Marx parfois, mais d'une manière transversale tant la vulgate et le monothéisme du XVIIIe siècle rendent difficilement compte du buissonnement polythéiste qui s'y augure avec Baal, Yahvé, Elohim, Astarté, les chérubins, etc. sans compter la parole qui tranche des neviim. Vous-mêmes vous le reconnaissez "Ils ne voient pas que bien souvent ils sont eux-mêmes imprégnés par ces idées dont ils pensent être éloignés", et lire la Bible et la nouvelle lecture qui s'en fait et que reprend par exemple le courant massorti est très intéressant.
Marx pêche par l'accumulation primitive car elle nous est contemporaine (les guerres de dépossession et de rapine en Lybie et en Syrie ne sont pas autre chose), je n'ai pas le temps de développer sur les lettres aux russes de 1877 et 1881, puisque Marx est une personne moins arrêtée que le corpus que vous en faîtes ("pour de bon"). Bref au lieu de lire Marx, je lis vos approximations.
Je ne suis pas un partisan de Judith Butler, n'étant pas hégélien, ne prônant pas le dépassement (mais la mutation et la transformation), mais je resitue la grosse bourde que font tous les réactionnaires dont vous. Vous employez vous-même l'expression "théorie du genre".
Pour le réalisme socialiste, nous connaissons ...sans doute mieux que vous qui mettez gauchistes (maoïstes et anarcho-désirants), troskystes, communistes véritables (c'est-à-dire hors PCF) et autonomistes dans le même sac. C'est dans ce bouillon que naît la politique de demain (après le passage mariniste).
Si Aragon n'avait pas été là la politique culturel du PCF aurait été encore plus lamentable. Picasso ne doit rien au Parti, c'est plutôt l'inverse, car il est toujours demeurer anarchiste avec un étrange rapport aux clés.


NOTES : (1) votre article du 12 octobre 2015, (2) votre article du 16 octobre 2015.

LEMOINE 31/12/2015 15:35

"Si les marxistes et à leur suite les bolcheviques voulaient en finir avec l'art comme avec la littérature", ???? Je n'ai pas jugé utile de lire la suite !

Anthony Le Cazals 31/12/2015 17:49

C'est amusant de sentir qu'une personne soit pleine de préjugés. Deleuze et Guattari disaient être restés marxistes d'une manière bien différente. Marx, à raison, se disaient n'être pas marxiste. J'aurais pu nuancer avec le terme marxiste-léninste, mais je ne vois pas quel seuil y aurait-il alors avec le bolchevisme. Il s'agit bien en voulant tuer l'art bourgeois (et non pas la représentation comme le font encore certains situationnistes) de tuer l'art, c'est-à-dire la sculpture, la peinture et l'architecture. C'est une haine dogmatique pour le leurre et la puissance du faux. Quant à la littérature russe
Je me permets d'énoncer cela en rappelant l'existence de communiste-libertaires ou d'insurgés du Potempkine, du Krondstadt (à proprement parler soviétique, eux), du croiseur Aurora (cf. Octobre Rouge), qui eu étaient communistes (je ne me lancerais pas dans une différence avec les socialistes). Les personnes qui reprennent Marx et dépasse l'aporie de l'accumulation primitive comme Rosa Luxembourg et à sa suite Hannah Arendt (même si un hiatus demeure qui persistais chez Bensaïd d'ailleurs). Donc l'Engelo-Léninisme qui n'a pas su amener ni la démocratie ni le communisme est basé sur la propriété publique et non la propriété commune (laquelle est compatible avec la pensée Platon mais aussi il faut le dire quitte à frôler le désastre certains courants néo-nazis qui quand ils font la critique du l'intérêt général au nom du bien commun se retrouvent être des communistes, à ceci prêt qu'il possèdent un étalon national).
Une pensée de Deleuze veut que les soviétiques aient tué la littérature russe. Si on pense à Berberova on pourrait même dire qu'elle s'est expatriée, je passe sur les cas de Mandelstam et Pasternak (je ne range pas Soljelytsine dans la case littérature, il est du même acabit que Rushdie). Ce rapport global à l'art se retrouvait dans les écoles d'art, qui consistait à élaguer certaine branche de l'art jugées (sic) non conforme à la ligne marxiste-léninste.
Bien entendu, il me faudrait penser encore plus finement; Mais cette abhorration de l'art demeure chez des situationnistes qui rejettent le monde du Spectacle et ce sont bien les derniers marxistes (au sens de dogmatiques) car jamais n'a été posé la domination de la femme et celle des colonies (comme expropriation). Ceci a déjà été par contre développer dans d'autres articles, mais de relève pas de ceux qui voulu faire de la pensée non-déterministe de Marx un dogme marxistes.
Le raisonnement peut paraître bancal, mais il ne se veut surtout pas axiomatique. Ce qu'on pourrait critiquer c'est la "volonté" de tuer, que je souligne, car cela relève de l'intentionalisme, mais il n'est pas sûr qu'il ait été absent, pour parler par euphémisme et allusion.
Ce qui est plus dommageable c'est que ce qui est dit ici semble vous dérangez, précisément parce que vous ne savez pas d'où je vous parle. A la fois ma pensée est dans l'aporie, le chemin crête (plutôt que le talweg), donc dans la reconduite du tout penser et à la fois elle se situe dans une défense rigoureuse du communisme bien que n'étant pas partisan et peu sûr qu'il y ait là à placer le nom du paradis (terrestre), comme névrose ataraxique. Bref vous semblez me prêter un point de vue de capitalisme d'état alors que comme Marx je prône l'émergence d'une société civile, mais qui ne passerait pas par l'élimination des communistes libertaires.Le temps me manque pour vous donner les références exactes à cette assertion, à cette intégration.

Passez un bon réveillon.

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