SEMINAIRE VERMEREN / Philosophie et socialisme : L’Homme médiocre

VERMEREN Patrice

 

Philosophie et socialisme : L’Homme médiocre

 

(Regards franco-latino-américains croisés, de Sarmiento, Alberdi et Bilbao lecteurs de Pierre Leroux et des saint-simoniens à Ingenieros entre Auguste Comte, Darwin et Marx).

Semestre 2

Cours intensif, mai et juin 2017

Master ouvert à la Licence

 

Sarmiento, écrivant Facundo : Civilisation ou Barbarie, lisait la Revue Encyclopédique de Pierre Leroux, philosophe de l’Humanité et inventeur du mot « socialisme », tout comme Bilbao, fondateur de la Société pour l’égalité et de l’adjectif qualificatif « latino-américain », qui était l’ami de Quinet et de Lamennais. Jean Jaurès, dans une conférence donnée au théâtre Odéon de Buenos Aires le 22 septembre 1911, remarque qu’Alberdi, à ses débuts, était saint-simonien, tout comme Echeverria, l’auteur du manifeste de l ‘Association de Mai : Dogma socialista.

Un demi siècle plus tard, Jose Ingenieros, qui fut le premier secrétaire du parti socialiste argentin dont il représentait avec Leopoldo Lugones l’aile radicale et libertaire, se réclame de l’école positiviste criminaliste française dans sa thèse de psychiatrie sur la simulation de la folie comme adaptation à la vie sociale, et aboutit au socialisme comme vérité sociologique, jusqu’à se rallier à la révolution bolchévique en 1917. Il reprend dans L’Homme médiocre, en 1913, la question philosophique du socialisme sur un plan moral, inscrivant un partage entre la possibilité de la liberté et la nécessité de satisfaction des besoins et de l’imitation servile, avec une théorie du génie et de la multitude qui disqualifie le peuple parce que, comme l’ont écrit Turati et Labriola avant lui, « depuis que le socialisme s’est établi sur des bases scientifiques sérieuses, il a cessé d’être accessible à l’intelligence enfantine des foules ». Pour la jeunesse, ce livre devient le « catéchisme laïque » du mouvement de la « Réforme universitaire » et une arme pour son rêve émancipateur de la société par la science. Ingenieros postule l’existence d’un parallélisme politico-philosophique et que toute philosophie est une sociologie inconsciente. Mais on pourrait inverser l’hypothèse : quel paradigme politique de la philosophie l’Amérique Latine se donne-t-elle avec ce monisme naturaliste et évolutionniste, dans quel héritage de la tradition socialiste et quels rapports avec la philosophie française contemporaine ?

 

Indications bibliographiques :

 

Domingo Sarmiento : Facundo, L’Herne, 1990 (en français)

Juan Bautista Alberdi : Ecrits satiriques et de critique littéraire, Presses Universitaires Blaise Pascal 2006 (en français)

Francisco Bilbao : Obras completas, 1866

José Ingeniéros : El Hombre mediocre, 1913

José Ingenieros : Emilio Boutroux y la filosofia universitaria en Francia, 1922

José Ingénieros : Los tiempos nuevos, nuevas reflexiones sobre la guerra y la revolucion, 1921

Arturo-Andres Roig : Para una lectura filosofica de nuestro

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