431b. L'inertie.

  • Anthony Le Cazals
  • Thèse

Ce serait tout à fait valable, puisque ce qui s’appelle, avec préjugé, la matière est ce qui entoure notre quotidien comme les tables, les chaises, les murs. Cette conception est statique alors que tous ces objets sont des matériaux contraints par des forces dynamiques. Si ces forces n'existaient pas, ces objets se disloqueraient. La forme (comme corrélat de la matière) n'est qu'un composé de forces, une brisure dans le continu, un écran dans l'ordre du visible. Ainsi ce serait une substance inerte sur laquelle reposerait la matière, substance qui ne serait plus permanence mais équilibre de forces. Schopenhauer reprend cette idée et soupçonne qu'au fond ce que l'on a nommé jusqu'alors substance n'est en réalité que des forces qui s'équilibrent : Force et substance sont inséparables, parce qu'elles sont au fond une seule et même chose : en effet Kant l'a montré, la matière elle-même ne nous est donnée que comme alliance de deux forces, la force d'expansion et la force d'attraction. Entre la force et la substance il y a donc, non pas une opposition mais plutôt une identité absolue SchMV_1028/1029.

 

La masse inertielle est ce qui nous fait passer d'un monde de forces stabilisées à un monde des champs vectoriels. Je cherchais en fait dans un livre de Max Born, le physicien quantique, sur les théories précédant la Th. de la relativité d'Einstein, comment on pouvait se débarrasser du principe d'inertie (que l'on retrouve sous les dimensions de conservation ou de peuple dans d'autres domaines), or ce que nous apprend la culture japonaise avec le déplacement constant 835, aussi bien que la culture sportive du saut en hauteur, avec la force ascensionnelle 837, c’est qu’il faut utiliser la gravité pour dépasser cette inertie et que ce genre de forces qui permet de dépasser nos limites naît du mouvement mais : A titre d'exemple, le maître Wang Xian Zhai donne l'image d'une marche, la nuit, sur une mince couche de glace qui s'est formée sur le Fleuve Jaune. Le moindre appui, le moindre arrêt dans le déplacement du poids provoque un grave danger. … Pour être plus complet, après avoir étudié la notion d'inertie dans le shili (test d'effort), il faut comprendre et utiliser une autre force universelle : la gravitation. Ici, au lieu de combattre cette force, il faut s'en servir pour réaliser la marche. C’est aussi l’exemple donné par le saut en hauteur, il ne s’agit pas de sauter en ciseau à la manière d’un sauteur de haie ou d’impulser un saut en hauteur face à la barre, mais de tourner le dos en utilisant le rebond produit par le corps tendu en accélération qui vient heurter le sol tel un bâton lancé à la verticale.

 

Sous le principe d'inertie il y a le principe de moindre action. Ce dernier principe est à la base de la physique classique et explique pourquoi on réduit tout à des lignes droites ou des trajectoires circulaires (jusqu'à Kepler). Le principe de la moindre action est ce qui laisse la part belle à l'appareil de contrôle où pour éviter toute erreur humaine et le traitement d'un plus grand nombre d'informations, tout est réduit à des opérations — théorie des graphes et des matrices. L'action et plus encore la dimension éthique sont rejetées ou admises sous la forme de la subjectivité — Badiou et ses suivants ne sont que les symptômes de cet appareillage. À la subjectivité — la stupeur de l'Etre, le Négatif — et à la singularité — la clameur de l'Etre, la Nature — il faut substituer l’exercice de penser à partir des affects qui s’intercalent entre les pensées (Nietzsche). D'où les agencements collectifs ou constellations affectives, qui sont une autre manière d'invertir la complexité offerte notamment par internet.

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