818. Le gouvernement de la terre.

  • Anthony Le Cazals
  • Thèse

Pour la première fois sans doute une civilisation mondiale est à l’ordre du jour. Merleau-Ponty MpS_202. Les pensées qui viennent à pas de colombe dirigent le monde AZ°II, « l’heure la plus calme ».


Mais qu’advient-il lorsque le monde disparaît en tant que représentation et que le social recouvre la Terre ? Nietzsche fut le premier à reconnaître nettement un moment historique et il fut jusqu’ici le seul à le penser jusqu’au bout et dans toute sa portée. C’est le moment où l’homme s’apprête à s’emparer intégralement de la domination de la terre. Nietzsche est le premier qui pose cette question : l’homme est-il, en tant qu’homme, dans son essence traditionnelle, préparé à cette prise de domination ? S’il ne l’est pas, que doit-il advenir à l’homme traditionnel pour qu’il puisse soumettre la terre et accomplir ainsi la parole de l’ancien testament ?HdgAP_53. Si « l'homme » ne peut pas voir plus loin que lui,  s'il ne peut pas vivre dans une perspective d'avenir, il doit être abandonné comme paradigme, il n'est que ce qui fait le lien entre la bête et le surhomme.


Le nouvel ordre mondial est-il l’achèvement de l’hétéronomie ? — La mise en place du nouvel ordre mondial est le résultat de la jalousie du plus hideux des hommes. Les adjuvants vous diront que l’homme supérieur est le surhomme et le plus hideux des hommes se réjouit de bêtise, s’étouffant presque avec la nourriture qu’il porte à sa bouche. Comme quoi d’autres personnes avant Nietzsche ou parallèlement à lui songeaient à la grande politique et au gouvernement de la terre.


Nous expliquons là pourquoi il n’y a pas de conspiration ou de complot puisque ce ne sont là que la vision du plus hideux, lequel s’acoquine toujours avec le borgne, qui voit si peu mais fait tant de prévisions. Il y a donc deux choses à faire : 1°) résister à la manipulation du plus hideux des hommes qui partout veut imposer ses marques et  2°) inventer ses propres croyances et investissements comme sa propre monnaie et sa propre énergie. La deuxième solution sera préférable car résister c’est capituler. Résister c’est entrer dans la hiérarchie et y faire face mais c’est bien par leur parole que les Grecs ont résisté aux Perses.


Le plus hideux des hommes 518a est aujourd’hui l’homme triste qui veut asservir la force de travail des hommes et qui pense qu’il y a précisément trop d’hommes sur terre. Le plus hideux des hommes songe  déjà au dernier homme et veut que ce soit lui le dernier. Il fera plein de plans sur la comète, quitte à exporter son projet dans l’espace. Il souhaite sélectionner ceux qui l’accompagneront en leur donnant la bonne information et la petite puce qui ouvre le portail de Gataca. Bienvenue à Gataca. Plus pragmatiquement, car le plus hideux des hommes est très pragmatique, il cherche à asseoir sa domination et par là à restreindre les potentialités futures. Toute son économie est basée sur la rareté et il entend bien conserver ce privilège qui comme aux temps féodaux conduira à des expiations. Cela est normal pour le plus hideux des hommes à cause de la surpopulation. Le modèle qu’il se fait dans sa tête devient l’étalon de la majorité. Il s’y place en son centre avec cette petite raison qu’il a peur du néant, du vide et qu’il veut être entouré. En même temps, le plus hideux des hommes supporte mal la concurrence ou plutôt perçoit les autres comme de la concurrence puisqu’il cherche à être le dernier. Il veut s’assurer le monopole pour éviter toute concurrence et garantir le pouvoir de sa transmission, de sa filiation. Garantir par la « propriété » et la « liberté d’entreprise » la concentration des richesses entre quelques mains, c’est faire qu’un jour le pouvoir de cette minorité saute. Le plus hideux des hommes cherchera toujours plus à œuvrer pour la perpétuation du système (énergétique et monétaire) en place. C’est pourquoi actuellement il perpétue à coup de guerres le culte de l’argent-pétrole comme valeur référente. Depuis les accords de Bretton Woods en 1971 ce n’est plus l’or — ce fétiche barbare selon Keynes — qui est le référent mais le pétrole comme « rareté » sinon il n’y aurait pas eu choc pétrolier. C’est la preuve que l’énergie et non plus le solide immuable est devenu la valeur référente pour l’échange mais non celle en usage comme l’amour. Il y a cette autre particularité que nombre de pays ont renoncé à créer leur propre monnaie et s’endettent à l’infini. On ne s’endette plus, toute sa vie, auprès de Dieu, dans l’attente de sa rédemption mais on s’endette auprès d’un nouvel ordre mondial, non pas totalitaire mais suicidaire puisqu’il rend compte de la vision du plus hideux des hommes. C’est en trouvant d’autres investissements, d’autres richesses qui nous procurent de l’énergie, c’est en s’inventant une autre culture avec notamment d’autres énergies et d’autres monnaies 712, que se transforment les valeurs. C’est la tradition qui saute là où la culture se renouvelle. De là, la jalousie féroce du plus hideux des hommes :


-   celle d’une civilisation désenchantée indifférente et de basse résolution envers les cultures de haute résolution,


-   celle des systèmes, désintensifiés où tout doit être comptable et calculable, envers les cultures de haute intensité,


-  celle des sociétés désacralisées envers les cultures dites sacrificielles mais plus largement vernaculaire.


De ce fait : « les éoliennes embellissent le monde » devient une proposition. Je me place dans une perspective d’abondance qui déplait au plus hideux des hommes, qui met en concurrence son économie de la rareté qui fixe le plus précieux. Le précieux n’est pas le valeureux.


Humour belge — Peut-on être sans gouvernement alors ? L’époque actuelle montre qu’un pays comme la Belgique peut tenir sans gouvernement tout en conservant les structures étatiques. C’est la forme absolue revendiquée par Hayek de néo-libéralisme avec l’absence de gouvernement, telle est la dimension socialiste du néo-libéralisme. Certains pensent que s’il y avait un gouvernement belge, il exercerait une des politiques d’austérité en vogue actuellement, cela fait de la Belgique le pays à plus forte croissance. C’est pour cela que les marchés laissent faire et n’entreprennent aucune déstabilisation. Avec cette idéologie de la liberté, on est là face à des idées non à des pensées qui portent une nuance, on est là face à une impuissance qui n’obtient jamais les résultats escomptés.

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