CONCLUSION I / L'hétérogène, l'invention du style français des années 70

L'hétérogène (le divers) est la grande découverte du style français des années 70. C'est le réalisme des affects, le métabolisme des forces qui se substitue au symbolisme des formes et des représentations du monde que l'on retrouve jusqu'au premier Wittgenstein. Barthes part de la phénoménologie notamment dans l'Anus solaire pour en poser le concept dans la structure psychologique du fascisme. L'hétérogène, ce n'est rien d'autre que le neutre chez Barthes (apparu dans le degré zéro de l'écriture). Le neutre (ni l'un ni l'autre) est ce qu'il ne relève d'aucun paradigme, c'est-à-dire d'aucune manière de voir. Ce paradigme peut être dès lors l'opposition humain/inhumain, celle du Même et de l'Autre, celle du statique et du dynamique, celle de la conscience et de l'inconscient chapeauté par le Surmoi/Signifiant. Tous ces paradigmes ne sont que des représentations alors que l'hétérogène n'est rien d'autre que des affects épars. Il ne relève ni de l'un ni du multiple, auquel cas il serait homogène. La tentative de Deleuze relevait de la tentative bergsonienne de dépassement de la métaphysique classique tout en demeurant dans l'immanence, c'est l'entre-deux bersgonien poussé outre : c'est pourquoi Deleuze pensera être le premier à avoir produit une hétérogenèse. En effet, les penseurs précédant ont assimilé l'hétérogène au chaos, au néant, on parlerait dans la mode actuelle de vide (le gap quantique ou parce qu'on ne parvient à s'intéresser aux affects, à les prendre en compte, puisqu'ils relèvent de de l'inhumain, de l'extérieur qui assaille et peuvent produire une traumatisme qui assaille.

S'il n'y a plus de pensée de l'Autre, bref plus de dialectique (qui conduit au racisme et à la domination, à toutes les formes possible de colonisation même du "monde intérieur" cf. Lacan et le racisme ou encore Classer, Dominer, de Sophie Delphy), on évacue dès lors la  conscience et de l'inconscient. On fait émerger le fond primordial d'affectivité d'où emerge toute petite pensée, même fugace. Cela va en fait plus loin que la révolution freudienne que certains qualifient d'imposture du surmoi, la psychanalyse en mélangeant le discours du maître (Hartamm ou Freud qui pose le dogme, l'Un : "un psychanalyste se doit de croire en l'Inconscient"), le discours de l'analyste et le discours hystérique, produit en fait un enfermement qui rejette comme œdipien l'autisme, comme incurable la schizophrénie. On pourrait s'appuyer seulement sur des psychanalystes pour démonter la psychanalyse :


- attaquer le dogme avec Olgivie,
- remarquer l'absence d'intérêt pour l'imaginaire avec Castoriadis,
- préférer le projet au sujet qui s'épanche sur son cas oedipien avec Guattari,
- le plus subtil est Cyrulnik mais au fond le plus impertinent faisant de Freud un neurologue et de sa fille Anna une éthologue.


On pourrait même s'appuyer sur mon Pr Prado, grand défenseur de Freud, qui aime à relever dans l'introduction de la Volonté de Savoir, qu'à notre époque on parle trop de sexualité, il n'y a pas de critique plus destructrice contre le discours hystérique de Freud qui voit la sexualité partout et ne fait que l'étaler. L'hystérique fonctionne par obsession. Sortir de la névrose que la psychanalyse cherche à rendre acceptable. Le présupposé tabou des lacaniens de créer des homme forts et non pas d'opérer un cure. Mais vous n'avez pas honte critiquer l'inconscient au nom de la prégnance achaïque des instincs, mais vous n'y pensez pas c'est proprement réactionnaire et pourtant c'est tout l'inverse. c'est le renversement des valeurs platoniciennes ou judéo-chrétiennes.

L'hétérogène se retrouve en pédagogie au niveau des classes. Il a été nécessaire de le poser pour continuer à enseigner dans des classes aux éléments qui ont des niveaux de compréhension différents. "La réflexion concernant l’hétérogénéité avait progressé à partir de la loi d’orientation de 1989, établissant les cycles, relativisant la notion de classe et affirmant la diversité des parcours scolaires." Si connaître, c'est mettre en termes, c'est mettre terme, saisir; il y a pourtant une autre manière de comprendre qui consiste a opérer par sympathie, par centre d'intérêt, par le levier de la curiosité. Susciter la curiosité plutôt que de produire un discours linéaire ennuyant à termes (les longs circuits de transindividuation selon Bernard Stiegler). clea se manifeste à notre époque par le basculement des hémisphères cérébraux, on appelera génie au sens claissique une personne apte à utilise un pourcentage plus grand que la normale des capacité de son cerveau. Mon propos est paradoxalement platonicienne car il se trouve que c'est l'informatique en faisant converger l'écran et l'écrit (c'est-à-dire l'ensemble des médias) qui assure le mieux du monde l'ambimanie, "l'ambidextrie".

 


Le site du cazals - Ce site n'engage que ses auteurs et non le département de philosophie de Paris 8  -  Hébergé par Overblog