LEXIQUE de Boris Cyrulnik

 

CERVEAU ET EMOTIONS — CULTURE DE L'AVEU — RELATIONS CONJUGALES ET FILIALES — RESILIENCE ET LIBERATION VIS-A-VIS D'UN TRAUMATISME

 

SOURCES :

— « . » CyrCA_ De chair et d'âme, Paris, Jacob.

— « . » CyrMM_ Un merveilleux malheur, Paris, Jacob.

— « . » CyrVC_ Les vilains petit canards, Paris, Jacob.

 

 

 

 

 

CERVEAU ET EMOTIONS

 

Hémiphère droit — « L'hémisphère droit est sensible aux émotions des autres. » CyrCA_63

Frayage — « La synaptogénèse est stimulée par les léchages réguliers de la mère, et ses piétinements alternés avec des phases de repos sensoriels et de brèves séparations. » CyrCA_69

émotions— « les deux régions antérieurs du cerveau se coordonnent pour donner forme à l'expression des émotions du sujet. » CyrCA_63

Plaisir et ocytosine — « L'acte sexuel stimule la sécrétion d'ocytosine, ce qui explique l'aspect spasmodique du plaisir physique puisque cette substance contracte l'utérus et certains autres muscles. » CyrCA_60

« S'il y a [comme chez Catherine Millet] un déficit des circuits limbiques de la mémoire ou si l'espèce sécrète des substances anti-ocytosine, le partenaire après l'acte sexuel demeure un inconnu ... Les mâles sécrètent moins d'ocytocine, mais il sont en général plus sensible à la vasopressine. Quand on bloque cette hormone, il ne s'attachent plus à la femelle mais restent agressifs envers le mal intrus. » CyrCA_60

« Il n'est pas rare que certaines femmes se sentent dépendances de l'homme qui provoque tant de plaisir et lui reprochent cette tentative de soumission. » CyrCA_61 — « 

Ocytocine— « L'octocine déclenche la contraction de l'utérus et la libration du lait. Mais quand / on introduit dans l'organisme d'une femelle une substance qui empêche l'action de l'ocytocine, elle ne s'attache plus à son partenaire. Le produit n'empêche pas l'acte sexuel, mais engourdit les réponses du système limbique. » CyrCA_59-60

Sérotonine — Court-5-HTT : « Peut-être le mot adéquat pour désigner cette découverte génétique serait-il tout simplement " sensibilité " ? Les petits transporteurs, sensibles aux événements et aux pertes affectives, ont besoin, pour être heureux, d'organiser une vie stable, dans une famille est dans une société en paix. Alors que les gros transporteurs, moins émotionnels, plus difficiles à stimuler et moins blessés par les pertes, se développent avec bonheur dans des familles instables et de sociétés de pionniers où chaque jour apporte sa cargaison d'événements et de conflit à surmonter. » CyrCA_36-37 .. quand un enfant sensible rencontre une base de sécurité affective, l'inévitable stress de l'existence se transmet en force affective et socialisante. » CyrCA_39

Bonheur et malheur comme « instincts » des sociétés closes— « De même que la sensation de bonheur sans raison est proche du malheur, il est pensable que la peur s'accouple avec la sécurité, l'attachement avec l'angoisse...  » CyrCA_62-63

« La proximité neuronale du bonheur et du malheur correspond probablement à la nécessité de survie archaïque. » CyrCA_76

« Pour que ces deux pulsions opposées soit couplées il faut rapidement inhiber la réaction de fuite ou d'attirance. » CyrCA_76

Sommeil paradoxal— « C'est un noyau du tronc cérébral qui déclenche le sommeil paradoxal (sommeil d'alerte, alors que le corps est coupé du monde extérieur). Le déterminant est clairement génétique puisque chaque espèce dort à sa manière suivant son code. » CyrCA_119

 

Mémoire — « La mémoire ce n'est pas le retour au passé, c'est la représentation de soi qui va chercher dans les traces du passés images et quelques mots. » CyrCA_67

« L'événement déclenche une émotion qui stimule le système amygdalo-hyppocampique. La mémoire ainsi éveilée retrouve dans le passé les images et les mots qui donnent formes à ce qu'on ressent à l'instant. » CyrCA_67.

« Les adultes inventent le passé puisqu'ils ont des idées à la place des yeux, alors que la mémoire de l'enfant... est plus précise que celle des adultes, piégés par leur théorie. Simplement elle ne porte pas sur les mêmes domaines. » CyrMM_26

désir et mémoire — « Une simple relation, selon les émotions qu'elle provoque, peut modifier les sécrétions d'opiacées. ... Un plaisir partagé augmente l'ocytosine dont le récepteur le plus sensible se trouve dans l'hippocampe des circuits de la mémoire. Ce qui revient à dire que le fait de désirer quelqu'un provoque une émotion sexuelle en même temps qu'une amélioration de la mémoire. » CyrCA_62.

 

 

 

 

CULTURE DE L'AVEU

 

Aveu — « Les cultures de l'aveu n'hésite pas à torturer au nom de la morale. Une des meilleures ventes après l'invention de l'imprimerie a été le Maleus malificarumqui codifiait les techniques de supplices recommandées par l'inquisition pour obtenir des aveux afin que toutes les croyances soient uniformes et que tous les « sous-mêmes » habitent le même récit. » CyrMM_166 — « L'aveu modifie les sentiment de soi en changeant l'image qu'on dessine dans l'esprit de l'autre. Quand un criminel se sent coupable, l'aveu l'apaise en lui permettant de se normaliser en expiant. Mais quand un enfant révèle qui a été agressé par ceux qui auraient dû le protéger, il détruit dans l'esprit des autres l'image de ceux qu'ils auraient voulu aimer. L'enfant devient alors agresseur... Comme l'agresseur dont il a honte. ... L'aveu se transforme alors en faute, et l'enfant se punit d'avoir fait punir son [proche agresseur]. Il n'est pas rare que l'enfant veuille sauver son agresseur ou en préserver l'image. Il ment alors pour dessiner dans 'esprit de l'autre une image socialement acceptable. » CyrMM_167 confronter avec le passage sur les enfants otages de la maternelle de Neuilly in CyrVC, où les agresseurs sont les libérateurs.

« Les hommes de l'âge des pestes n'avaient pas assez de connaissance pour agir sur le réel comme le permet la médecine d'aujourd'hui. Mais la culture de la faute leur permet d'agir sur la représentation du réel, grâce à l'expiation et à la poésie. » CyrVC_46

Secret — « On oublie la fonction défensive du secret. Quand une victime se dévoile, elle se met à nu, exposée aux regard des autres, parfois gourmand, souvent moqueur. Dès que la défense est tombée, le malheur appartient aux autres. ... S'il suffit de garder un secret pour se protéger, c'est qu'il suffit de le dévoiler pour se rendre vulnérable. ... Parce qu’aucune société ne serait capable de l'entendre simplement. Le secret est nécessaire dans une société où une personne est une valeur » CyrMM_165 

Anormaux — « L'aveu extorqué devient un viol des âmes et les victimes après avoir été meurtries par l'agresseur, sont à nouveau tourmentées par les représentants sociaux qui les forcent à redevenir normales. » CyrMM_166

 

 

 

 

 

 

RELATIONS

 

Homme et femme — « La sécrétion abondante d'ocytosine par les femelles et de vasopressine par les mâles explique certainement cette différence de réaction à une même situation. » CyrCA_69

ex. : — « Une mère stressée communique à ses filles une aptitude à réagir par des émotions intenses aux événement s de la vie. Les mâles, protégés par la vasopressine, réagissent de manière agressive aux mêmes événements. » CyrCA_69

« Dès la fin de la deuxième année, les filles préfèrent les filles. Les garçons attendront la fin de la troisième année pour préférer les garçons. » CyrVC_106

« ... Puisque notre cerveau est également enflammé par nos représentations, il n'est pas rares que certaines femmes se sentent dépendantes de l'homme qui provoque tant de plaisir et lui reprochent cette tentative de soumission. Leur histoire personnelle ou leur contexte culturel les amène à attribuer une grande valeur à l'autonomie sociale, alors qu'il y a une ou deux générations c'était la dépendance qui était glorifiée : il fallait être fidèle et servir sa famille. Aujourd'hui, quand un homme ou un enfant rendent ces femmes dépendantes, elles ressentent ce bonheur comme une soumission et deviennent hostiles envers ceux qui entravent leur liberté : " ce n'est pas parce que je t'aime que je vais faire ce que tu veux" Regagner son indépendance, même au prix du malheur, leur redonne fierté et estime de soi. » CyrCA_61.

Hormones — « L'ocytocine, la vasopressine et les opioïdes jouent un rôle majeur dans l'empreinte et le style de socialisation. » CyrCA_120 — « Une simple relation, selon les émotions qu'elle provoque, peut modifier les sécrétions d'opiacées. » CyrCA_62

Socialisation— « Chez les humains, <les> aptitudes biologiques peuvent être remaniées par les structures sociales. » CyrCA_37

Socialisation post-traumatique— « Il n'est pas rare qu'une institution qui recueille un enfant exprime son dégoût quand on apprend qu'il est né d'un viol... Il arrive aussi qu'un adulte aime le dégoût qu'il éprouve pour l'enfant de l'Assistance dont il s'occupe gentiment. Dans cette mise en scène où il aide un pauvre enfant, l'adulte se signifie à lui-même qu'il est généreux et supérieur puisqu'il joue de rôle de celui qui est bon avec les malheureux. L'enfant apprend ainsi à être aimé pour son malheur. Et malheur s'il en guérit l'adulte perdrait sa raison de l'aimer. » CyrMM_54

« L'admiration pour un enfant vainqueur est, elle aussi, ambivalente. Un discours trop logique n'est pas psychologique ... Un exemple typique d'ambivalence envers les enfants résilients nous est fourni par le destin de Roseline : « Elle était belle à dix-sept ans quand elle a été déportée. » Puis on a admiré sa réussite sociale et intellectuelle jusqu'au jour où on a ajouté : « Ca a dû être terrible pour elle, Il parait qu'elle s'en est sortie parce qu'elle s'est prostituée. » Le scénario classique vient de se dérouler. On aime les victimes tant qu'elle sont misérables parce que, en les aidant, on se sent tellement bon. Mais quand les martyrs se transforment en héros, quand ils accèdent au pouvoir, ils deviennent suspects, car il est contre naturequ'une proie se métamorphose en prédateur. » CyrMM_55

« Quand la victime cicatrise et parvient à transformer sa douleur en combat, l'agresseur risque de paraître un peu moins monstrueux. » CyrMM_21-22

Filiation et alliance— « La plaque tournante de l'interdit de l'inceste nous oblige à quitter l'ordre donné par notre filiation pour tenter un nouvel ordre inventé par nos alliances. » CyrMM_39 — « Les enfants privés de filiation, les enfants sans famille, n'ont pas le bénéfice de cette identification facile. » CyrMM_41

« ...l'état mental de la mère peut modifier les acquisitions comportementales du bébé qu'elle porte. » CyrVC_55

« Si l'enfant ne dispose autour de lui que d'un seul attachement, son évolution dépendra essentiellement des réactions de cet adulte donneur d'affection. Mais s'il dispose de plusieurs attachements..., il trouvera toujours un autre adulte pour lui proposer un autre tuteur de développement... » CyrVC_102

 

Dépersonnalisation — « Albert utilisait psychologiquement les agressions pour se libérer car, sans elles, il se serait senti en dette envers cette famille d'accueil et aurait travaillé pour eux jusqu'à se dépersonnaliser. » CyrMM_35

Empathie — « Ce n'est donc pas le langage qui fonde l'empathie en interprétant le langage comme un calcul rationnel des coût et des gains, c'est une aptitude à se laisser modifier par le monde d'un autre, auquel on est attaché. » CyrCA_144

 

Développement intra-utérin — « La vie intra-utérine et la première enfance sont beaucoup plus comprise dans une connexion de continuité que ne le ferait croire la césure impressionnante de l'acte de naissance. » Freud, 1926, Inhibition, symptôme et angoisse in CyrVC_50-51

« Depuis quelques années, nos capteurs techniques, comme l'échographie, nous ont permis d'observer comment, dès les premières semaines de la grossesse, les bébés personnalisent leur réponse comportementale. » CyrVC_50

« Le développement intra-utérin des canaux de communication est maintenant bien établi (J.-P. Lecanuet, « L'éveil des sens » Science et Vie, n°190, mars 1995). Le toucher constitue le canal primordial dès la septième semaine. Le goût et l'odorat, dès la onzième semaine, fonctionnent comme un seul sens quand le bébé déglutit un liquide amniotique parfumé par ce que mange ou respire la mère (B. Schaal, 1987 in Ethologie et naissance, n°109, mai 1985). Mais dès la vingt-quatrième semaine, le son provoque une vibration du corps de la mère et vient caresser la tête du bébé (B. Cyrulnik, sous le signe du lien). L'enfant y réagit souvent par un sursaut, une accélération du rythme cardiaque ou un changement de posture. » CyrVC_51

— « ...les petites molécules du stress passent facilement le filtre du placenta. » CyrVC_55

Relation au père (?)— « Proust, Freud, Max Weber illustre tout à fait le « le décollage de la créativité » après la mort du père Cessant de s'inscrire dans la lignée du père trop brillant... le jeune adulte reçoit grâce au deuil, l'autonomie mentale qu'il n'avait pas encore osé conquérir quand son père était vivant. »CyrMM_55

Sartre — Le fait que Jean-Paul Sartre ne soit pas le « continuateur de l’œuvre paternelle » lui donne la liberté en le privant d'une âme. » CyrMM_41

Adolescence et inceste— « ...l'adolescence quand nous devons nous interdire l'inceste afin de participer à une culture humaine. Nous devons quitter alors ceux que nous aimons afin d'aller courtiser ceux que nous aimerons autrement. » CyrMM_39

Parole— « Si on agit, on a moins besoin de la parole. » CyrCA_157

« La période d'attention silencieuse, d'hyperconscience immobile, difficile à observer puisqu'il s'agit d'une inhibition témoigne pourtant que l'enfant se prépare à la métamorphose parolière. » CyrVC_10

 

 

 

 

 

RESILIENCE ET LIBERATION VIS-A-VIS DU TRAUMATISME

 

Résilience— « le ressort intime face aux coups de l'existence. » CyrMM_36

« La résilience n'est pas une substance, mais un maillage. » CyrMM_39

« La résilience est bien neuronale d'abord. » CyrCA_118

CyrMM_38

« Il vaut mieux dire que la résilience est un processus diachronique et synchronique. » CyrMM_88

« Le plus précieux des facteurs de résilience : la rencontre qui éveille. » CyrVC_143

« La fantaisie constitue la ressource interne la plus précieuse de la résilience. » CyrVC_164

La résilience porte sur le lien, l'ambivalence porte sur le tissage ce lien « L'oxymoron décrit une pathologie de la coupure du lien qu'il faudra renouer, alors que l'ambivalence désigne une pathologie du tissage du lien. » CyrMM_20

Oxymoron — « Le prix de la résilience c'est bien l'oxymoron. » CyrMM_19 — « L'oxymoron décrit le monde intime de ces vainqueurs blessés. » CyrMM_21— « L'entourgae joue un grand dans le façonnement de cet oxymoron. » CyrMM_53

Epreuve ordalique — « Le survivant est un héros capable d'avoir tué la mort. » CyrMM_47 — « Toute mise à l'épreuve intime prend un effet ordalique : si je triomphe encore, si le jugement de Dieu m'accorde la victoire, si je surmonte l'épreuve des éléments naturels.. je me fournirai la preuve que j'ai le droit de vivre malgré ma culpabilité. » CyrMM_49

« Dans les situations extrêmes, le réel s'empresse de mettre les scènes en fantasmes. » CyrMM_53

« A moins que l'émotion ne soit retravaillée, par le dessin, par le théâtre, par le récit, par la réflexion, par tout ce qui pourra transformer l'affect ... La stylisation du souvenir donnera à des objets simples le pouvoir d''évoquer cette frayeur. » CyrMM_30

 

Surhomme: Cyrulnik donne une compréhension un peu différente du terme pour qualifier ainsi résilient vulnérable.

Mais comme il s'agit d'une empreinte, d'une trace dans la mémoire biologique (limbique-épisodique-traumatique), il devient hypersensible à un type d'événement. S'il le rencontre quarante ans plus tard, le surhomme s'effondre devant une toute petite épreuve qui pour lui rappelle l'agression majeure MM_163

 

Rebond — « Pour métamorphoser l'horreur il faut créer des lieux où s'exprime l'émotion. » CyrMM_63

Contre-pied libératoire(la souffrance c'est nous qui nous l'infligeons) CIORAN — « J'avais donc vingt, et un jour, il était deux heures de l'après-midi, je me souviens parfaitement, en présence de ma mère, je me suis jeté sur un canapé et j'ai dit : " je n'en peux plus. " Ma mère m'a répondu : " Si j'avais su je me serais fait avorter. " Cela m'a fait une impression extraordinaire mais pas du tout négative. Au lieu de me révolter, j'ai eu, je me rappelle, une sorte de sourire, et cela a été comme une révélation : être le fruit du hasard sans aucune nécessité, cela a été d'une certaine façon une libération. » Cioran cité in CyrMM_33-34 — « L'affect aurait dû être douloureux puisque l'événement a été cruel. Mais la manière de le représenter en le racontant ou en le mimant modifie la souffrance et la transforme en sourire. ... Cette idée est souvent mal acceptée comme s'il était indécent de sourire de sa propre souffrance » CyrVC_111

Humour — « C'est pourquoi « l'humour n'est pas fait pour rigoler », c'est fait pour métamorphoser en événement social agréable, pour transformer une perception qui fait mal en représentation qui fait sourire. » CyrVC_112 — «  « L'humour est donc gestionnaire et libérateur » à condition d'en faire une représentation sociale. » CyrVC_114

Clivage de la personnalité — « Sous l'effet d'une agression sociale, un enfant se clive pour supporter celle-ci... » CyrMM_44

« On peut imaginer que la partie résiliente de sa personnalité, socialement épanouie, que l'on couvrait d'honneurs et de responsabilités, contrastait avec sa vie intime, secrète et douloureuse. » CyrVC_233

« Cette personnalité clivée résultait probablement des constantes menaces affectives dans lesquelles il a avait eu à se développer. » CyrVC_233

 

Souffrance, Contre Laborit — « Ceux qui soufrent d'un abus de mémoire se soumettent avec délice aux affres du passé : « Dans ma famille monsieur, on verse notre sang pour la nation française » ... » CyrMM_40

Douleur— « Hier, la douleur prouvait la faiblesse du blessé, aujourd’hui, elle révèle l'incompétence du technicien. » CyrVC_47

 

Traumatisme — « Nous possédons les outils [scientifiques] qui permettent de soutenir que les proches des traumatisés dont ils partagent les émotions et dont ils éprouvent les souffrances, sont souvent plus altérés que les blessés eux-mêmes. Trois dosages : le cortisol, les récepteurs aux corticoïdes et la sécrétion de CRF (Cortico-Releasing-Factor) révèlent que les enfants de traumatisés sont chroniquement déprimés. MM_162

Plusieurs milliers de jumeaux identiques ont été envoyés à la guerre du Viêt-nam. Leur proximité biologique, comportementale et émotionnelle leur donne un style affectif qui se transmet très vite de l'un à l'autre. ... Le résultat de cette empathie, c'est que le jumeau qui n'a pas subi l'évènement traumatisant en souffre beaucoup plus que celui qui a dû l'affronter.

De même les enfants de survivants de l'holocauste souffrent trois fois plus du syndrome post-traumatique que leur parents qui l'ont subi.

Le parent traumatisé s'adapte à la meurtrissure par des mécanismes de défense coûteux mais efficaces : le clivage de la personnalité*, le déni de mémoire, la compensation par la rêverie, le militantisme et l'altruisme sont les plus classiques ... Mais [le proche] ne peut comprendre la raison des colères, des silences, de l'amour désespéré et du surmenage permanent de celui qu'il côtoie. MM-163-164

Activité — « Si nous voulons soutenir ces enfants blessés, il faut les rendre actifs et non pas les gaver. Ce n'est pas en donnant plus qu'on pourra les aider mais, bien au contraire, en leur demandant plus qu'on pourra les aider. » CyrMM_43

 

 

 

 

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