NUCLEAIRE / Radioactivité et radioprotection

  • Anthony Le Cazals
  • Science

Kerala, Inde
La péninsule côtière du Kerala en Inde montre des taux de radioactivité naturelle parmi les plus puissants au monde. La densité de population présente à cet endroit permet d’effectuer de nombreuses études à propos des impacts qu’ils ont sur la santé de l’Homme. Sur une population totale de 400.000 habitants, 100.000 d’entre eux sont exposés à de fortes radiations : en moyenne 7,5 fois le taux observé à l’intérieur des terres indiennes, et entre 10 et 30 fois le taux moyen mondial. Les radiations émanent principalement du 232Thorium, du 226Radium et du 40Potassium, éléments radioactifs très présents sur les zones côtières souvent sous forme de sable noir appelé « monazite » contenant aussi d’autres roches non-radioactives.
La radioactivité est connue en général pour induire des tumeurs, des lésions dans les chromosomes et d’autres mutations. Mais ce taux continu de radiations aurait un impact sur l’ADN mitochondrial humain. En effet, une étude menée par des scientifiques allemands sur des familles locales montre que l’ADN mitochondrial d’un enfant présente 22 mutations par rapport à celle de sa mère. Et pour les familles de pêcheurs vivant sur les plages de sable blanc, ils n’observent en moyenne qu’une seule mutation par génération. Mais d’après l’un des scientifiques, ces mutations n’auraient apparemment aucun impact sur la santé. 
Commandée par le gouvernement central de New Delhi et réalisée par le Centre régional de cancérologie, elle porte sur 100 000 personnes habitant dans des régions où la radioactivité naturelle varie entre 15 et 75 millisieverts (mSv). On a comparé les taux de fréquence de cancer à ceux observés dans un autre groupe de 300 000 habitants du Kerala, habitant dans des zones où la radioactivité naturelle est proche de la moyenne mondiale. Le résultat est net : aucun cancer supplémentaire. De même, la fréquence des maladies génétiques chez les enfants est strictement identique.

 

Ramsar, Iran
Ramsar, dans le nord de l'Iran, a une particularité étonnante. On trouve dans cette région les doses les plus élevées d'irradiation naturelle dans le monde : jusqu'à 260 mSv/an, plus de cinq fois la dose autour de la centrale de Tchernobyl, treize fois la dose maximale que la norme européenne fixe pour les travailleurs du nucléaires ! Cette radioactivité est essentiellement due au radon 226 et à ses produits de décroissance, apportés à la surface terrestre par l'intermédiaire de sources chaudes, dont plusieurs font la joie des résidents comme des touristes. L'autre source principale de rayonnement est liée aux dépôts de travertine qui contiennent des niveaux élevés de thorium et un peu d'uranium. Javad Mortazavi, chercheur iranien qui travaille à l'universtié japonaise de Kyoto, a été le premier à publier des études sur la population vivant dans ces zones de très forte radioactivité. Comme toutes celles qui ont procédé en faisant l'épidémiologie du cancer dans les régions à forte irradiation naturelle, elles semblent confirmer l'existence d'un effet d'hormesis. Autrement dit, la prévalence du cancer est plutôt plus faible dans ces régions. Mortazavi conclut ainsi : " Nos résultats préliminaires suggèrent que des expositions prolongées à de très hauts niveaux de rayonnement naturel pourraient induire une résistance au rayonnement chez les individus exposés, ce qui entraîne des implications intéressantes pour de nombreux aspects de la politique de radioprotection. "

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