PENSEE / Folie n'est plus maladie

Qui n'a pas un cadre supérieur ou un professeur qui n'est pas un peu malade, pour prendre deux fonctions bien en crise où les cadres classiques (le bureau, la classe notamment...) sautent sous l'effet des nouvelles technologie qui permettent l'homme mobile, le télétravail. Cette personnalité toxique comme le titrait en décembre dernier le nouvelles obs pour ne pas prononcer le nom de pervers est prise dans une névrose d'angoisse, une manque d'énergie (post burn-out, post-blast, post-traumatique) qui la fera placer en porte-à-faux et dans un jeu pervers tout élément subordonné rendu un peu fou, comprenez enthousiaste ou doux rêveur, sous l'effet de l'usage des nouvelles technologies notamment. Jalousie générationnelle de l'inspiration que l'on retrouve dans l'excellent Pop Yoga de Pacôme Thiellement (qui mélange dionysisme et traditionnalisme gnostique) pour donner une référence de l'èrer du temps. Aujourd'hui on peut être fous sans être malades, c'est même un peu conseiller par l'époque que d'être "créatifs", on peut être des créateurs sans être des pervers (ce qui n'est pas valable jusqu'à Deleuze et Guattari inclus). Confirmation d'un précepte deleuzien : " on ne délire jamais tout seul, il faut être deux au moins pour être fou." Si cette personne vous qualifie de monstre il y a de fortes chances que ce soit un pervers potentiel, elle ne souhaite pas que vous adveniez dans votre activité ou que vous accomplissiez selon ses critères classiques ou "réactionnaires" propres à sa décadence.

 

Nous allons faire ici la synthèse de différents blogs pour bien montrer que la blogosphère, l'ère des blogs a  eu son importance. Je n'aurais pas le temps de développper ici sur le blog de Jean Tellez alias Sancho quand il parler du délire et de l'ivresse par opposition au zombie. Vous en trouverez quelques traces, mais cette ivresse est bien ce que l'on souhaite empêche de même que la douce folie comme s'il fallait rester dans les cadre classique inopérant et ennuyeux. C'est récemment François Thyssen alias Oyseaulx qui a soulevé le premier l'hameçon et remit tout cela au goût du jour dans un magnfique article dont voici la conclusion.  " ...mais il faut bien distinguer deux choses. Il y a l’expérience que les fous eux-mêmes font de leur individuation non-identificatoire (van Gogh), et, puis, il y a les effets pathogènes de l’action en retour qu’ils subissent de la part de la société, enfin de leurs parents essentiellement et, accessoirement, si le besoin s’en fait sentir (à leurs parents, évidemment), du psychiatre, action en retour qui consiste, essentiellement, en une injonction identificatoire (où le psychiatre assume la fonction identificatoire du calife ; c’est le tristement célèbre « transfert » ; voir l’avant-dernier chapitre de l’Histoire de la folie de Foucault) ; ce sont les fameux « repères » : le fou n’est jamais en quête de repères, il n’est en manque de repères que lorsqu’on le prive de ceux qu’il s’était spontanément donnés, mais qui ne sont pas souhaitables pour ses futurs revenus (quelqu’un qui décide d’être peintre, par exemple ; qu’on ne vienne pas me dire qu’il s’identifie à Cézanne, mais on va tout faire pour qu’il s’y identifie ; c’est à cela que servent les écoles des beaux-arts, où il s’agit de transformer secondairement une individuation non-identificatoire naissante en une identification à des modèles, dans tous les sens du terme). Ce n’est que dans ce deuxième cas que la folie peut devenir une maladie, à savoir, plus précisément, en cas d’échec de l’identification secondaire. La maladie mentale résulte du traitement infligé à la folie, et seulement au cas où les identifications secondaires proposées ne « prennent » pas. Il y a donc trois possibilités : réussir sa folie (Cézanne, qui « ne savait pas dessiner ») ; y renoncer (apprendre à dessiner et devenir un peintre académique avec une clientèle fidèle ; dans ce cas, on est guéri de sa folie, mais pas nécessairement de sa maladie, car il peut y avoir des retours du refoulé) ; tomber malade de la nostalgie de la folie à laquelle on vous a fait renoncer : c’est le retour du refoulé et c’est seulement dans ce dernier cas qu’on peut parler de maladie mentale. "

 

Notre thèse est que la folie est le dépassement par tous les ressorts possibles de l'ère classique et du principe de raison suffisante qui en gouverne la raison tout en étant à l'origine du concept de race, faut-il le rappeler, de là à parler de racisme kantien il n'y a qu'un pas que nous ne ferons pas : il ne pose pas la supériorité d'une race sur une autre.


" Peut-être un jour, on ne saura plus bien ce qu'a pu être la folie... Artaud appartiendra au sol de notre langage et non à sa rupture... Tout ce que nous éprouvons sur le mode de la limite, ou de l'étrangeté, ou de l'insupportable, aura rejoint la sérennité du positif. Etce qui pour nous désigne actuellement cet Extérieur risque bien un jour de nous désigner, nous... La folie dénoue sa parenté avec la maladie mentale... Folie et maladie mentale défont leur appartenance à la même unité anthropologique" ("La fole, abcence d'oeuvre", table ronde, mai 1964). Ce jour est arrivé.  Si toute écriture est délire, grain de folie qui fait le charme des gens (cf. abécédaire de Deleuze).

 

On pourra même faire un lien avec l'expérience limite qui sous l'effet du capitalisme n'est plus qu'une épreuve telle qu'elle figure dans une récension du "Nouvel Esprit du Capitalisme" et certainement parce que la notion de résilience en premet à prèsent le rebond : " on peut distinguer 3 types d'épreuves dans les années 60/70 : le partage de la valeur ajoutée c'est à dire les épreuves dont dépendait la relation salaire/profit ( nature des tâches, rémunération, types de contrats..); les épreuves qui légitimaient les  asymétries en terme de pouvoir ou de hiérarchie (autorité du mandarin en milieu scolaire); les épreuves sur lesquelles reposaient la sélection sociale (épreuves scolaires, recrutements professionnels) ->La critique dévoile ce qui dans ces épreuves transgresse la justice " pris sur penser le changement.

La critique en régime d'accord sur les épreuves importantes :

- La tension des épreuves instituées sous effet de la critique

- Les déplacements et le détournement des épreuves instituées

- Les déplacements trouvent leurs premiers éléments de légitimité en jouant sur les différentiels entre les forces critiques

- La neutralisation de la critique des épreuves instituées sous l'effet des déplacements

- Les effets destructeurs des déplacements et la mise en danger du capitalisme lui même

- Le rôle de la critique dans l'identification des dangers

- La relance de la critique

- La construction de nouveaux dispositifs de justice

- La Formation des cités (ibidem)

 

> Sous ce rapport à la folie, c'est là que s'énonce la formation des cités autonomes. C'est aussi et déjà la naissance des cités grecques, des états-cités de la renaissance italienne (où Bologne, Florence, Padoue, Milan se faisait la concurrence avant que le Pape ne capture les meilleures compétences à Rome, Galilée y compris). L'émulation des cités grecques pour la meilleure constitution parmi les cités jouait un rôle primordial dans la synthèse des nouvelles valeurs (. C'est par le tirage au sort au niveau des communes (280 en Suède contre 36 000 en France avant leur regroupement en communautés) que des groupes humains se créent et que des mutations opèrent (déjà Bergson avait vu cela). La politique se joue aussi et surtout à cette échelle. Il s'agit de synthétiser de nouvelles valeurs . la seconde grande Crise du capitalisme qui généralise le toyotisme comme la première a généralisé le Fordisme et le capitalisme actionarial a cet effet d'accélérateur de la critique même si un repositionnement s'opère sur les valeurs subjectives ou communautaires - pour parler des réactionnaires et autres ressentimenteux. "Une Cité a des chances de se mettre en place quand un groupe d'acteurs prenant appui sur un monde stable de dispositifs et d'objets voit sa puissance s'affermir,en sorte que ses membres se sentent en mesure de revendiquer une reconnaissance propre et de se targuer d'une contribution spécifique" (ibidem) à l'économie (on pensera à l'apparition de l'économie contributive ou à la constitution de certaines entreprises sans le recours aux banques capitalistes, cela est avéré chez les populations immigrés en France). ceci renvoit  l'article sur insurrection ou sécession (les cités apparaissent par laisser faire ou sécession telle que cela pourrait être envisagé au sein d'une Grande Union Européenne on pensera à Marinaleda (ici ou ici).

 

Articles en lien sur la folie

VIDEOS / Sur la folie

MUSIQUE / La Folie

SCIENCE / La folie de Georg Cantor

LECTURE / François Dosse : l'humanisme et la folie

Tout philosophe est l'expression de la folie du père comprenez la décadence d'une famille souche

Axisse 02/01/2014 15:44


Intéressant !


Si vous souhaitez consulter notre blog commun (phase3 & Axisse - Schizomanies) concernant la maladie mentale qu'est la schizophrénie, vous êtes tous les bienvenus !


Merci pour cet excellent article. Peace & Love !

Le site du cazals - Ce site n'engage que ses auteurs et non le département de philosophie de Paris 8  -  Hébergé par Overblog