PETITS MOTS A JOCELYN BENOIST / Sur les éléments d'une philosophie réaliste

 

 

Mais je ne comprends pas que les phénoménologues n'aient pas compris Kant. Même Schopenhauer qui l'avait compris quand il séparait le principe de connaissance (raison suffisante) de la loi d'existence (réalition de causalité). Il n'y a que Kleist l'idéaliste qui l'ait compris à l'époque... La volonté qui s'affirme et qui se nie chez Schopenhauer. Les esprits libres qui n'existent par pour Nietzsche ou sont au fond les belles âmes et les hommes bons (ce que les Asperger nomment les neuro-typiques). Regardez le temps qu'a mis Ricoeur pour passer de la l'homme faillible à l'homme capable (grave problème d'éducation à la Wildheit). Pour en revenir à la phénoménologie Merleau-Ponty s'est spécialement glissé dans le chiasme de la perception pour ne pas être face à la détresse de la tension qu'on nomme "esprit" (ingénium) sauf à reconduire l' "esprit" (spiritus) chrétien (comme outil de discipline des corps, son grand monument) sous la forme étatique. Hegel ne dit pas autre chose l'Etat philosophe. Je vous fais le constat d'homme sérieux, chacun imagine la suite (et y met plus ou moins de jargon pour se "défausser").
 
Poser le sujet en des temps où la subversion (révolution si vous voulez n'est pas possible), revient à assumer sa perversion (son jeu infini à jouer avec les règles). Il est tellement plus simple d'inventer les règles que de reprendre celle de l'esprit (rendues inepte à l'ère de l'information du fait de la Lumière)... Voilà tout. Amitiés Jocelyn et que le petit Sartre se réveille en vous.
 
Quant à EPR,les plus grandes avancées réalistes se font en politique, c'est son champ d'expérimentation (Thucydide, Machiavel, Guizot...) ou plutôt de confrontation. L'aspect fragmentaire ou élémentaire est plus lié à l'époque qui refuse tout aspect unitaire ou dogmatique... Le problème posé à la réalité est celui de la complexité mais il n'existe pas de complexisme.
 
A ce moment là mon ami Florian Forestier pose un « heum... »
 
C'est un "heum..." hautement moral, Badiou en produit beaucoup par exemple. C'est le dogmatisme qui juge ce qui pense et qui ne s'arrête. Un autre problème surgit, c'est que la phénoménologie est une métaphysique et que toute métaphysique est un idéalisme pour preuve toute la philosophie française (Bergson et Sartre jusqu'à Deleuze et Badiou sans oublier Richir ou même la phénoménologie de la Vie de Barbaras). Même nos matérialistes sont au final des idéalistes (en bout de course si vous préférez) et même spiritualiste (le rapport de Badiou à Hegel ou l'automate spirituel chez Deleuze, l'esprit du monde chez Marx). Dès lors qu'on pose une ontologie, on sort du réalisme car posé l'être, c'est poser une idée (même si on a écarté le principe qui n'est pas idée : le Bien). Bye mais j'irai penser ailleurs...
 
 
 
Dit autrement le réalisme appartient à la pensée classique puisqu'il n'existe pas à ma connaissance de terme grec pour réel (excepté ta pragmata, mais c'est là encore une traduction a posteriori). Or la pensée n'est plus classique mais quantique après sa phase baroque (portée par Leibniz et exprimée par Verdi et Bach). Les mots et les choses de Foucault par de la lente analyse des représentations issue de la synthèse qu'est la renaissance. Le classicisme n'est rien d'autre et le fait d'apprendre ces "classes" dans des classes académiques. Mais plus largement ce sont toutes les institutions humaines qui changent, il suffit de se reporter au livres de Michel Serres (le temps des crises ou la Petite poucette). Ce n'est donc nullement une critique ad hominem ou qui viserait quelqu'un. Une personne ayant commencé par Sartre le comprendrait fort bien. Amitiés.
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