ART / Le muralisme comme moyen d'expression communaliste

le Muralisme se définit exclusivement comme art pictural figuratif exprimant sur l'espace public un contenu idéologique populaire. La tendance Muraliste est, par nature, un épiphénomène de la "lutte des classes". La plupart des manuels d’histoire de l’art identifient le début du mouvement muraliste à l’œuvre des artistes mexicains du XXe siècle. Lié au mouvement de révolution qui marque l’histoire du Mexique des années 1900, le muralisme se développe dans les décennies suivantes autour de José Clemente Orozco, Diego Rivera et David Alvaro Siqueiros. Si ce mouvement reste le plus connu, il existe d’autres expériences de peinture murale à travers le monde. Aux États-Unis, dans les années 1930, le gouvernement lance le programme « Works of Public Art » à travers lequel les bâtiments publics sont couverts de peintures diffusant les idées du New Deal. Les artistes se nourrissent des exemples des maîtres mexicains qui sont euxmêmes appelés à peindre aux États-Unis : en 1932, Diego Rivera peint sur le bâtiment du Rockefeller Center de New York un grand portrait de Lénine qui fera scandale et sera effacé deux ans après sa réalisation. Le fascisme se sert également des murs à des fins de propagande politique, mais il s’agit surtout d’écritures, les peintures murales (ainsi celles de Mario Sironi) n’occupant que l’intérieur des bâtiments publics. La naissance du muralisme contemporain date de février 1967, lorsque le peintre américain William Wolker peint dans le ghetto noir de Chicago The wall of respect, un hommage à la communauté noire des États-Unis. Les peintures murales se multiplient alors dans les quartiers populaires des villes américaines par le biais d’artistes noirs, portoricains et chicanos (Mexicains qui vivent aux États-Unis). Mission District, le quartier mexicain de San Francisco, sera ainsi entièrement couvert de peintures qui deviennent une référence pour la collectivité. Des États-Unis, le muralisme se diffuse dans le monde entier. En France, Ernest Pignon réalise de gigantesques sérigraphies qu’il appose sur les murs de lieux marqués par des luttes politiques. L’aspect militant est aussi présent chez les Brigades muralistes chiliennes, qui utilisent la peinture pour diffuser les communications du gouvernement de Salvador Allende. En Europe, les affiches de Mai 68 et les peintures sur le mur de Berlin sont des exemples connus de l’utilisation des murs comme espace de parole. Mais il existe d’autres cas : ainsi l’Irlande du Nord, où les murs racontent le « dimanche sanglant » de 1972 et les revendications de l’IRA. Plus récemment, le mouvement Set Setal qui a surgi en 1990 à Dakar au Sénégal, porté par l’engagement des associations de la ville, donne son point de vue sur la vie sociale urbaine au travers des peintures murales. 

Le Muralisme en Sardaigne :

 

En Sardaigne, les premières fresques Muralistes ont été réalisées dès après 1968 par Pinuccio SCIOLA à San Sperate (près de Cagliari). Ce centre des plaines agricoles du sud Campidano est depuis honoré du titre de "Ville-Musée Sarde", tant pour avoir été la première à s'ouvrir au Muralisme, que pour le grand nombre de ses Murales plus récents. L'esthétisme règne en maître sur les fresques de San Sperate : de beaux "faux-semblant" ornent ses murs aveugles, mais on y voit aussi des oeuvres témoignant d'une pure recherche graphique, des collages tri-dimensionnels aux troncs d'arbres peints de couleurs vives.

Orgosolo (près de Nuoro) les premiers Murales, oeuvres du groupe anarchiste milanais DYONISOS, datent de 1969, mais la phase de production la plus prolifique ne commence qu'en 1975. Les thèmes soulignent l'esprit particulier de cette cité traditionnellement contestataire : révolution sarde et internationale, banditisme d'honneur, pacifisme, socialisme, lutte contre les injustices, la corruption et la pauvreté...

Villamar, le Muralisme s'exprime dès 1976, par les oeuvres de deux exilés chiliens, Alan JOFRE et Uriel PARVEX.

LulaA partir de 1977 on observe un déploiement des Murales dans de nombreuses villes de Sardaigne, grâce aux efforts du "Gruppo" mené par Antonio COTZA, aux artistes de Seramanna (près de Cagliari) et de la BRIGADE MURALISTE SALVATORE ALLENDE en Marmilla.

 

On peut ainsi admirer les Murales de FonniLanuseiLoceriLula,TrieiVillanova Strisaili, etc...

La plupart des oeuvres muralistes visibles en Sardaigne expriment, par une imagerie liée au folklore, un attachement certain au monde rural et à aux activités traditionnelles, mettant en scène une sardité empreinte de sentiments d'isolation et de nostalgie.Loceri

Toutefois, si les premiers Murales sardes contestaient avec violence l'injustice sociale et la prédation politicienne, ils servent désormais plus souvent l'esthétisme urbain et la curiosité touristique.

ART / Le muralisme comme moyen d'expression communaliste
ART / Le muralisme comme moyen d'expression communaliste
ART / Le muralisme comme moyen d'expression communaliste

Compléments : 

Historisque des murals : https://nuevomundo.revues.org/66333

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