3. La cité grecque

Notre époque raisonne étrangement avec les grecs. Sur ce site nous essayons de voir en quoi il y a un retour aux grecs, non que l'on revienne en arrière mais notre époque dans sa dynamique est proche de l'effervescence grecque. En n'oublant pas cette aussi cette forme d'esclavagisme qu'est la mondialisation !

 

 

Nous avons mis quelques articles en ligne notamment pour mettre en parallèle la stasis grecque comme l'appelle Nicole Loraux. La stasis pour Nicole Loraux déchirure organisé politiquement en partis la cité après la chute de la dictature des trente et le retour à en -404. La stasis appartieint au régime hétéronome. Aujourd'hui notre société à une capacité plus grande pour rebondir et le cas d'Antigone prise dans une impasse morale et mise face à sa propre incapacité. Ceci montre qu'aujourd'hui notre société a quant à elle une capacité plus grande d'énergie et peut ainsi tolérer des singularités plus étranges, une diverstiés plus grande, c'est ce qui s'est passé aussi au moment de la Révolution, quand le peuple des indigents de Paris a fini par former la troupe des sans culottes : ils s'étaient regroupés en villes devenu inutiles dans les campagne où dit-on le rendement avait augmenté malgré les nombreuses famines. Aujoud'hui nous sommes face à des stasis (des morcellement de la société) plus complexes, que la simples répartitions entre progressistes et conservateurs. Nous ne sommmes pas non plus simples stasis
démocratiques et divisé en partis représentatifs : cette lecture différente de notre réalité nous la retrouvons chez Nietzsche, chez les Rats, dans Antigone et sous différentes formes en philosophie ou de régime de vie et de pensée.

 

 

 

 

Notre époque

 

L’époque n’est plus celle de penseurs qui seraient comme des comètes dont la pensée imprévue serait incompréhensible. Leurs actes de pensée ou d’écriture restent dans l’immédiat comme des coups d’épée dans l’eau mais laissent des pistes pour une improbable relève. C’est encore l’exemple de Jacques Derrida, Derrida ne rencontrera que les auteurs qui se laissent infiltrer d'insuffisance, de défaillance, d'inconsistance, bref de l'apeiron à charge à lui parfois de l'introduire cette inconsistance sous forme de manque, de sens caché, d’absence qui est plus la marque d’un exilé. Parfois la relève, la cueillette de tout ce qui chez des penseurs doit être affirmée se fait et l’on dépasse alors la dimension du simple recueillement. C’est alors que l’on comprend avec Nietzsche et même Heidegger et Deleuze que notre époque à une étonnante résonance avec les penseurs Grecs, non les plus connus mais ceux que l’on appelait les physiciens, les présocratiques [1] avant que l’on ne tombe dans la dialectique. Heidegger et Deleuze reprennent Nietzsche sur ce trait : La déréliction d’Heidegger, Par déréliction comprenons sa tendance à la passivité, à l’attente d’un Être en présence qui ne viendra pas et au fond manquera toujours. La question de la philosophie n’est pas celle de l’être, car celui-ci conduit logiquement à penser le non-être et donc à penser la réalité comme apparaître, apparence trompeuse, phénomène que l’on ne peut comprendre en soi. Cette question que l’on appelait la question métaphysique était une manière de détourner l’effort de la pensée, d’individualiser le penseur (ce que l’on retrouve chez Heidegger ou Badiou) mais surtout d’empêcher qu’un continuum de pensée ou une collectivité de penseurs n’adviennent. C’est tous ces signes que relève le présent mémoire, comme l’amorce a été faite dans le style des années 60-70.

 

Notre époque n’est plus à la seule raison, ni à l’entière déraison mais au couplage de l’intelligence et de l’intuition, de la raison et du sentiment aurait dit Pascal, du concept, de l’affect et du percept aurait dit Spinoza. En fait il a toujours été ainsi dès qu’il s’agit de penser l’action plus que de philosopher sur des textes. Comme les Grecs en leur temps, notre époque est elle aussi à un profond bouleversement de la rationalité et de la subjectivité, les deux vont de pair. On peut penser à la physique quantique (à l’opto-électronique ou à la spintronique dont se servent nos lecteurs laser ou nos disques durs), on peut penser aux découvertes génétiques, à la découverte de la plasticité du cerveau en neurobiologie. Cette dernière a par exemple des incidences sur notre manière d’appréhender la pensée . Il est donc bien vain d’aller peser le cerveau d’Einstein si l’on oublie que l’essentiel a résidé dans un énorme effort de pensée de ses premières années d’existence. Mais Einstein a appliqué la méthode transcendantale issue de Kant pour exposer ses théories, ce qui l’a par ailleurs conduit à nier la réalité quantique et la mécanique qui en découlait. L’heure n’est plus au transcendantal, si la science, en tant que pensée a plus d’avance que la philosophie, c’est qu’elle s’est débarrassée de ce qui était inobservable, pur, absolu c’est-à-dire de ce qui existe en droit mais pas de fait, de ce qui n’avait pas prise avec la réalité. Reste les lois qui servent de cadre à sa pensée mais qui sans cesse évoluent, la pensée générant en retour de nouvelles lois ou théories. Il n’est pas évident que la distinction se fasse entre philosophie, art et science car au fond toutes ces disciplines sont porteuses de création c’est-à-dire de pensée. Dès lors qu’une nouvelle subjectivité émergera, comme elle est en train de le faire, l’effervescence fera que la distinction entre philosophie, art et science sera floue. Certes chacune aura son savoir(-faire) respectif mais tous les signes sont là, « tous les signes sont proches » DzP_196 pour une nouvelle formation de pensée, à la fois rationalité et subjectivité, bref une nouvelle capacité à penser).

La philosophie n’est ni une quête de la Vérité ni une quête du sens, elle n’a de tâche que de dégager ce qui dans la vie a de l’importance et à indiquer ce qui est fécond, à recueillir et affirmer au-dessus du tumulte et du brouhaha la positivité d’une époque. En vérité, il n’y a pas de Vérité présente ni de sens caché qui nous destine mais je laisse en parallèle le fait que l’on puisse s’appuyer soit sur des intensités soit sur des vérités pour dégager l’important et la positivité d’une époque. Nous nous rendons malheureux à ne pas savoir ce qui a de l’importance, à ne pouvoir vivre pour une idée plutôt qu’être pour la mort. Ceci ne sont que les signe avant coureurs d’un basculement de civilisation, d’une nouvelle appréhension qui constitue autour d’elle une positivité, un cercle vertueux où s’agence un collectif affectif. Telle est la liberté ou la capacité d’autonomie

 

 

 


[1] Les présocratiques pour une grande majorité sont des physiciens : « La philosophie grecque est née à Milet, en Asie Mineure, au début du IVe siècle av. J.-C. Enfant robuste et énergique, elle s’est rapidement fait connaître en dehors de son pays natal… Avant que la pensée ne soit « institutionnalisée », avant qu’on puisse parler d’écoles ou des sectes, les différents penseurs tombés amoureux de cette jeunes fille ne sont pourtant pas restés tout à fait isolés les uns des autres : existaient entre eux des influences, des relations d’apprentissage – sans compter les liens que leurs désaccord créent. Bref, une tradition s’est ainsi progressivement établie. La première phase de cette tradition constitue ce qu’on appelle la « philosophie présocatique »... Les penseurs grecs ont, après Aristote, divisé la philosophie en trois parties : la logique, ou l’étude de la raison dans toute ses manifestations ; l’éthique, ou l’étude des mœurs et de la vie pratique ; la physique ou l’étude de la nature, de la physis, sous toutes ses formes. En se référant à cette partition, on a considéré les philosophes présocratiques comme des penseurs qui ont étudié la nature, c’est-à-dire comme des physiciens. » (Jonathan Barnes, les penseurs préplatoniciens in Philosophie grecque, PUF, pp. 3-4).

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