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AFRIQUE / La république Démocratique du Congo rejoint la Communauté d'Afrique de l'Est

9 Avril 2022, 12:53pm

Publié par Ernest (source RFI)

© AFP - TONY KARUMBA Le président Uhuru Kenyatta (2e d) et le président de la République démocratique du Congo (RDC), Felix Tshisekedi (g), regardent la nouvelle représentation de la Communauté de l'Afrique de l'Est sur une carte après avoir signé un traité intégrant la RDC dans le bloc commercial de l'Afrique de l'Est, à Nairobi le 8 avril 2022.

© AFP - TONY KARUMBA Le président Uhuru Kenyatta (2e d) et le président de la République démocratique du Congo (RDC), Felix Tshisekedi (g), regardent la nouvelle représentation de la Communauté de l'Afrique de l'Est sur une carte après avoir signé un traité intégrant la RDC dans le bloc commercial de l'Afrique de l'Est, à Nairobi le 8 avril 2022.

Texte de RFI, précisons. Nous avions parlé de la possible entrée de la République Démocraitque du Congo dans la FAE, c'est chose faite. Beaucoup de choses évoluent en Afrique comme la mise en place d'une nouvelle monnaie dans la CEDEAO, l'Eco, qui pour l'instant, concerne ses pays anglophones mais qui est calquée sur le Franc-CFA. L'adhésion de la RDC à la fédération qu'est la Communauté d'Afrique de l'Ouest à domination anglophone rebat les cartes et fera peut-être basculer la RDC sous influence chinoise, rien d'évident en ce que la Chine est surtout associée militairement avec le Ghana; le Nigéria, le Cameroun, le Mozambique, Djibouti. Mais économiquement le littoral Est de l'Afrique est sous influence chinoise.

La RDC a officiellement signé vendredi 8 avril son entrée dans la communauté d’Afrique de l’Est. Le pays avait demandé à en faire partie en 2019. Ce matin à Nairobi, Félix Tshisekedi a ratifié l’adhésion de son pays à l’organisation régionale. Une cérémonie officielle qui a eu lieu en présence du chef d’État kényan, Uhuru Kenyatta, président actuel de l’organisation, ainsi que de ses homologues ougandais et rwandais, Yoweri Museveni et Paul Kagame. L’occasion pour les chefs d’État présents de rappeler les ambitions de la communauté : avoir un marché commun et une libre circulation des biens et des personnes, mais aussi encourager la sécurité dans la région. 

 

Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

Accès à la côte ouest-africaine, à une économie de 90 millions d’habitants et à un pays riche en ressources. La RDC apporte de nouvelles opportunités pour la Communauté d’Afrique de l’Est (CEA)

Prenant la parole en premier, Uhuru Kenyatta n’a pas caché son ambition : « Nous avons désormais une communauté plus grande en taille que l’Europe, avec presque la même population, des ressources abondantes, une main d’œuvre formée... Nous partageons la même langue, les mêmes cultures… les seules choses qui nous divisaient étaient les frontières héritées de l’époque coloniale. Il n’y pas de raison, si nous travaillons ensemble, que nous ne soyons pas plus forts et prospères économiquement que l’Europe ou toute autre organisation régionale. » 

Félix Tshisekedi a aussi salué ces opportunités économiques. Tout en soulignant le besoin de stabilité dans la région :  « En adhérant à la communauté, le peuple congolais ne veut pas seulement se contenter des bénéfices d’un commerce intracommunautaire, mais il aspire d’abord et surtout à entretenir des relations fondées sur la paix et la sécurité de tous. Dans cet ordre d’idée, le peuple congolais renouvelle son engagement légendaire en faveur d’une politique de bon voisinage. Il attend des autres peuples le même engagement pour la paix et la sécurité de tous, sans lesquels il devient improbable de réaliser les buts et objectifs de la communauté. » 

La RDC a maintenant six mois pour mettre en place les formalités relatives à son adhésion. 

Le Kenya et la RDC ont aussi signé ce vendredi un accord bilatéral de coopération dans les domaines de l’agriculture, du bétail et de la pêche.

Quelles seront les implications économiques pour les Etats membres et en particulier pour la RDC ? 

Cette intégration représente « sur le point économique, un apport important en termes d'échanges » selon Onesphore Sematumba, spécialiste de l'Afrique des Grands Lacs à l'International Crisis Group. « Sans aucun doute, c'est la République démocratique du Congo qui va être perdante, tout simplement parce qu'elle va jouer dans une catégorie qui n'est pas la sienne. La RDC a une économie essentiellement primaire, basée sur les ressources minières, les ressources agricoles... son commerce est essentiellement informel, le système bancaire est encore tout à fait balbutiant, donc c'est ce pays-là qui se présente avec toutes ses faiblesses face à des économies qui sont quand même du monde anglophone, le Kenya, Tanzanie, Ouganda, qui ont un grand dynamisme industriel… », explique Onesphore Sematumba.

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