426. L’entrain, comme exercice sans détresse ni vengeance.

  • Anthony Le Cazals
  • Thèse

Le mouvement signalerait une définitive insurrection contre les pensées anésthésiées par l'idéalisation. Serge Vadonici.

 

Si Galilée a désontologisé le mouvement, avec sa révolution des planètes (orbes), il ne l'a pas pour autant désidéalisé. Pour y parvenir, il faut sortir du trasncendantal* pratiqué par l’hémisphère gauche de notre cerveau 916. Ne plus s’arrêter aux conditions de ce qui est porté à « notre connaissance » et « cette connaissance » tient davantage de la faculté garantie que d'une activité transformatrice. La connaissance sensible ainsi réduite au visuel — par le sensualisme de Rousseau, Destut du Tracy McFC_254 et Kant — tout comme la connaissance a priori dite « transcendantale » n’est point la connaissance prise dans les conjectures 918, la connaissance réinvestie par la puissance. Cette faculté garantie était celle, toute classique, de toucher au réel, mais dans les limites pleines de suffisance et de dépréciation de la Raison 913. C'est en séparant le principe de la connaissance et la loi de causalité que s'est ouvert la brêche qui fit que la volonté ne pouvait plus être audace raisonnée mais courait vers sa propre négation. Une fois séparées, cause et raison ont permis la critique et l'affirmation des passions, de la clinique de corps, de l'inclination du désir comme ce qui pousse à penser car ce n'est pas la volonté qui produit les pensées mais bien le blocage indigeste des réflexions.


Le mouvement de la Terre n'est pas idéalisé mais nous le vivons chaque jour au travers de l'atmosphère que nous respirons et de la surface de la terre que nous peuplons. Sans le mouvement de la Terre autour du Soleil pas de mouvement de la Terre sur elle-même et donc pas de glissement du manteau terrestre sur le noyau qui comme une dynamo de vélo produit son champ magnétique, de là pas de tectonique des plaques, pas d'atmosphère avec sa périphérie ionisée, pas de vivant et pas d'espèce humaine. C'est l'atmosphère ionisée qui a permis au vivant de produire de l'oxygène (le bleuté du ciel) et de s'y répandre de manière aérobie — les archées et les bactéries anaérobies ont produit le dioxygène que nous respirons aujourd'hui. C'est la preuve que la Terre subit des transmutations qui permettent ainsi les accélérations du vivant que l'on nomme communément mouvements et gestes. Notons que le mouvement se veut bien souvent rectiligne et que le geste englobant dès qu’il crée un territoire.


En résumé cela dit : « vous êtes bien gentils avec vos idées posées sur la matière mais il y a la lumière, il faudrait peut-être passer à l'action, non à l’action qui part d’une idée mais à l’action insufflée, c’est-à-dire la mouvance ». Dans les conditions qui sont celles d’un gouvernement de la Terre  518a/818, il faut se mettre à exercer sa propre activité, car c’est du « travail 524 » comme effort de concentration que naît une culture intensive avec sa propre énergie et ses propres retombées ou débouchés. Un système basé sur la croyance parlerait encore de monnaies 712 qu’elles soient croyances ou argent fiduciaire et de retour sur investissement dans l’action. C’est certainement ce qui est en train de muter. Pour cela il faut sortir de la pensée de l'être et de l'interminable fuite dans le devenir qui se perdent dans des croyances comme la rédemption par exemple. Il faut en revenir à la connaissance et non à la projection de sa propre subjectivité 711. Foucault par son analyse a montré combien une société qui repose sur la discipline des corps génère serment, « faute », aveu et punition. Sortons de cette civilisation de la discipline et de la représentation et sortons aussi de la rédemption que serait l'innocence du devenir comme rachat de la dette envers Dieu. Si la complexité physique se partage entre lumière et ce que l’on appelait jusque là la matière, la matière n’est plus l’action, elle n’est plus toute l’action. Qui plus est, l’action minimale — connue sous le nom de constante de Planck — est du registre de la lumière 435. L’action n’est plus alors ce qui est soumis aux lois de la causalité puisqu’il faut tenir compte de la lumière ce qu’aucune théorie philosophique n’a fait jusqu’à présent. L’action est indépendante des systèmes ouverts ou fermés qui cherchent à se l’approprier sous la forme de capture et de sécrétion. Si l’on veut manifester du mouvement avec entrain — un style dans sa générosité, un style qui fend la brèche — il faut savoir éviter deux écueils, deux ornières. Ces impasses animées de bonnes intentions sont métaphysiques,  en premier l’étonnement ou la peur idéaliste qui commet un écart théorique — « stupeur de l’être », parallaxe*, toutes les formules absconses sont valables —, en second l’éternel devenir qui part de bonnes intentions — « clameur de l’être ». Ironie et humour caractérisent respectivement ces deux styles. Il faut simplifier le réel et non le compliquer de mille travers, pour pouvoir le complexifier ensuite, le rendre « simplexe », évident. L’entrain ou Zarathoustra emmenant sa troupe bigarrée : intempestif n’est pas inactuel.

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