REPONSE A JEAN TELLEZ / A l'adresse des sceptiques de la Révolution numérique

Le changement de support de la mémoire a une importance même sur le cerveau et comment on s'en sert. Je me moque du consensus obtenu par les réseau sociaux, textos, etc. L'imprimerie (qui repose sur le mode éditorial de la prise de risque et donc aussi sur la banque italienne) a permis l'émergence de la connaissance (la science surtout avec les Grecs ne prodédait pas par connaissance, mais par rapport à l'être). Je dis sans doute des fadaises mais cela transforme notre rapport au savoir qui se fait désormais via l'information et sa computation. Cela augmente simplement la capacité de réalisation d'un individu.

 

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Tu veux toujours parler de la révolution sur un mode subjectif et réactif, sans doute les changements de paradigme ont plus d'importance sur ce que devient la réaction populaire (même si cette ensemble de vient très flou sous l'action d'internet). Je sais qu'il y a des ouvrages qui ne pourrait s'écrire sans internet et qui dès lors ne s'écrivent plus assis à un bureau (comme anti-chambre de la bureaucratie étatique). Je veux bien paraître délirer mais position même de l'écrivain influe sur ses viscères... Que les pensées et les changements de perspectives viennent en marchant cela se voit chez les Péripapéticiens, chez Socrate traversant le ruisseau dans le phèdre, chez Nietzsche et même chez Kant (comme on pourrait l'entrevoir dans ton dernier article).

 

autre chose nous n'aurions pas la possibilité de communiquer autant (nous deux ou d'autres). Et notre vie ne se limite pas à des écrans, il nous serait difficile de faire l'amour ou l'amitié avec eux. Par contre comme beaucoup d'éditeur (de l'ère numérique) tu sembles demeurer dans le cadre du livre, de la pensée-livre.

 

Internet permet les recoupements (dimension bergsonienne de la pensée) qui ne relève pas d'un sujet mais d'un langage et augmente, selon moi, le nombre de fulgurance (ou vivacité d'"esprit", agkinoia en Grec). Cela n'enlève rien à la prudence qu'il faut aussi avoir notamment dans la réception de mes propos "enflammés" ou "positivistes".


Tous les sites d'indexation d'images (Panoramio) ou de modèles 3D (google earth à termes avec les articles de wikipedia) me semble agence le savoir sous la forme d'informations tout autres que les connaissances des bibliothques humaniste.

 

Ta réaction est un peu celle d'un Grec qui suggèrerait que l'invention de l'alphabet vocalique et de la monnaie numéraire n'a eu aucune influence sur le savoir (l'hébreu et l'araméen sont consonantiques d'où la dimension éternelle de prétrise et d'interprétation).

 

L'insignifiance a toujours dérangé ne serait-ce que Castoriadis. C'est cette montée que tu relève parce qu'il me semble tu ne perçois pas les nouveautés, le changement radicale qui se passe dans la rue au niveau des commerces (qui bientôt ne seront tenu que pas des aristocrates, ce qui est un renversement, mais je le vois avec la noblesse vietnamienne par exemple, Nietzsche avait suggéré cette possibilité du fait du nivellement démocratique qui va dans le sens du Surhomme, c'est-à-dire le déploiement d'un "nous" sur l'ensemble de la Terre via internet, ce qui est une définition-réduction possible du surhomme). La possiblité de n'avoir plus seulement une identité mais des avatars, pseudonymes, hétéronymes plus flagrants et nécessaire pour avancer (Picasso, Le Corbusier, Molière, Voltaire ont bien imposer de nouveaux noms, pris un pseudo, Pessoa était dans l'hétéronymie comme Gary). Il n'y a plus de rapport à la postérité qui hantait tant les gens.

 

Que les gens s'exprime par ecrit je ne voit pas le "mal", certesv il y a des choses sans importance mais c'est le premier pas pour sortir de la reflexion.

 

Internet me semble-t-il change les perspectives dont la subjectivité (qui n'est pas le moi) n'est qu'une forme éparse, parce qu'il n'y a plus exactement de perspective dans un monde fini-illimité (pour donner une image c'est le fait de tourner son globe de google earth, lequel peut contenir tout le savoir ou en tout cas une quantité qui dépasse celle assimilable par un individu dans une vie).

 

Internet a aussi l'avantage de permettre aux gens de s'exprmier sans trop se froisser les uns les autres. Mais la possibilité d'une révolution faux à la main semble révolue. Les gens délire sur internet et c'est cela qui est intéressant (en tout cas ce n'est pas un socratique comme toi qui va me contredire).

 

La révolution numérique est neutre ou basé sur la neutralité de son expansion qui elle permet l'expression d'applications subjectives (comme le suggère maintes et maintes fois Benjamin Bayart), c'est peut-être cela qui dérange, je ne suis pas d'accord avec vous mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que vous puissiez l'exprimer. C'est un peu comme si on vous disait que la Révolution copernicienne n'avait pas eu lieu simplement parce qu'elle n'était pas subjective mais modifiait le dispositif de nos connaissances.

Tellez 04/02/2013 08:42


Tu me donnes beaucoup d'importance, alors que j'avais tenu des propos en passant, et du type réactif, c'est vrai, sur Internet. Mais enfin, je dirai quand même que le mot "révolution" me gêne en
parlant d'Internet. Pour le coup, j'ai envie de suivre Badiou, pour lequel, il n'y a de révolution possible que sous le régime de l'Idée. Internet, brasse infiniment de choses, bouleverse
beaucoup de catégories comme celle d'auteur, de discours, de dialectique, mais quelle Idée est portée par cette gigantesque rotation du globe-Google? A la rigueur, on pourrait parler d'une
"révolution" dans le seul médium et, dans la perspective d'une médiologie comme celle de Régis Debray, décrire tout ce qui est réordonné, redéfini dès lors dans l'ordre du dicible. Mais que la
"médiologie" est triste!

Anthony Le Cazals 04/02/2013 14:58



C'est une manière de parler d'un bouleversement qui n'est ni une insurrection nin une explosion à proprement parler.


Plus expéditif la Révolution des orbes célestes n'est pas une insurrection, ce que tu nommes comme telle révolution, pourtant c'est de cette première que découle l'emploi de révolution pour
désigner les insurrections populaire. Même le terme d'explosion (numérique) est métaphorique.



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